À la faveur de la visite d’amitié et de travail au Gabon de la présidente de la Confédération africaine de randonnée pédestre et du bien-être pour tous (CARP), Marie Laure Essan Amoin, une session de formation de type « Master Class » a réuni, durant deux jours à Libreville, plusieurs coachs, encadreurs et acteurs de la randonnée pédestre. Au centre de cette rencontre : les techniques de faisabilité d’une randonnée, les différentes catégories de pratique, la préparation physique, les conditions de participation, les règles de sécurité ainsi que les équipements indispensables au randonneur. Une formation qui se voulait à la fois théorique et pratique, avec une première journée consacrée aux enseignements et une seconde dédiée à la mise en application sur le terrain.
La randonnée pédestre connaît un intérêt grandissant au Gabon. De plus en plus de personnes s’intéressent à cette activité qui associe exercice physique, découverte de la nature, convivialité et recherche du bien-être. Mais derrière l’apparente simplicité de la marche se trouvent un certain nombre d’exigences techniques, physiques et organisationnelles qu’il est indispensable de maîtriser pour garantir la sécurité des pratiquants. C’est précisément pour répondre à cette nécessité que la Confédération africaine de randonnée pédestre et du bien-être pour tous (CARP), en collaboration avec la Fédération gabonaise de randonnée pédestre et du bien-être pour tous (FEGARAP), a inscrit une session de formation au programme de la visite de sa présidente, Marie Laure Essan Amoin, au Gabon. Durant deux jours, les coachs et encadreurs ont été placés au cœur d’un dispositif de formation destiné à renforcer leurs capacités. L’objectif était de leur donner les connaissances nécessaires pour mieux préparer, conduire et sécuriser une randonnée pédestre, mais aussi pour être capables d’accompagner les participants avant, pendant et après l’effort.
La première journée du séminaire, tenue le jeudi, a essentiellement été consacrée à la théorie. Les séminaristes ont été entretenus sur plusieurs notions fondamentales liées à la pratique de la randonnée pédestre et au bien-être pour tous. Les échanges ont notamment porté sur les techniques de faisabilité d’une randonnée, les différentes étapes de préparation d’une activité, les spécificités des différents types de randonnées ainsi que les catégories auxquelles elles peuvent appartenir. Pour les formateurs, il ne suffit donc pas de réunir un groupe de personnes et de prendre le départ pour parler de randonnée. Chaque sortie doit être pensée et préparée en fonction du terrain, de la distance à parcourir, de la durée de l’activité, du niveau des participants, des conditions météorologiques et de l’environnement dans lequel elle se déroule.
Les coachs et encadreurs ont également été sensibilisés sur les conditions de validation de la participation à une randonnée. Cette question occupe une place importante dans la prévention des risques, notamment lorsqu’il s’agit de randonnées relativement longues ou organisées dans des environnements naturels pouvant présenter certaines difficultés. La capacité du participant à supporter l’effort doit ainsi être prise en compte avant le départ. D’où l’importance accordée à l’aptitude médicale du randonneur.
Oumar Baldé, formateur côté gabonais
Pour cette session de Master Class, le volet gabonais de la formation a été assuré par Oumar Baldé, Superviseur Fitness Muscalion et DTL de la FEGARAP. À travers son intervention, le formateur gabonais a notamment contribué à apporter aux participants des éléments pratiques sur l’organisation et l’encadrement d’une randonnée pédestre. Son intervention a permis de rappeler que l’encadreur occupe une position centrale dans le déroulement d’une randonnée. Il doit être capable d’anticiper les difficultés, d’observer l’état physique des participants, de veiller au respect des consignes et de réagir de manière appropriée lorsqu’une situation particulière survient. Le rôle du coach ne se limite donc pas à conduire le groupe. Il consiste également à accompagner les randonneurs dans leur préparation et à créer les conditions permettant à chacun de pratiquer l’activité dans un environnement sécurisé.
La dimension physique de la randonnée a également occupé une place importante au cours de cette Master Class. Le formateur ivoirien Gbogbo Mesmer Loua, ingenieur en Technique de transmissions de savoir en option éducation physique et sportive s’est particulièrement intéressé aux exercices de préparation et de récupération. Il a ainsi montré aux participants plusieurs exercices d’étirement à réaliser avant une randonnée, ainsi que ceux à effectuer après l’activité. Cette séquence pratique a permis aux coachs et encadreurs de mieux comprendre l’importance de la préparation du corps avant l’effort et de la récupération après celui-ci. Les exercices d’avant-randonnée permettent notamment de préparer progressivement le corps à l’activité physique. Après la marche, les exercices de récupération permettent d’accompagner le retour progressif à un état de repos. Pour les encadreurs, la maîtrise de ces gestes constitue donc un élément supplémentaire dans l’accompagnement des randonneurs, particulièrement pour les groupes comprenant des personnes ayant des niveaux physiques différents.
L’équipement, un élément essentiel
Autre volet important abordé pendant la formation a été celui de l’équipement du randonneur. Les formateurs ont insisté sur le fait que la sécurité d’une randonnée commence bien avant le départ. Le participant doit se préparer et disposer d’un certain nombre d’éléments indispensables en fonction de la nature du parcours. Le premier préalable concerne l’aptitude médicale. Avant toute participation à une randonnée, le prétendant randonneur doit s’assurer qu’il est médicalement apte à pratiquer l’activité. Cette précaution permet de mieux prévenir les difficultés liées à l’effort physique. Le randonneur doit ensuite être muni d’un sac à dos adapté, dans lequel il peut transporter les éléments nécessaires à son parcours. Parmi les indispensables figure notamment une bouteille d’eau, la bonne hydratation étant essentielle au cours d’un effort physique.
Selon la durée et les caractéristiques de la randonnée, le sac peut également contenir une petite trousse médicale, ainsi que des aliments ou encas permettant au participant de disposer de quoi s’alimenter pendant le parcours.
Les chaussures occupent également une place importante dans l’équipement du randonneur. Les participants ont été sensibilisés à la nécessité de porter des chaussures adaptées au type de terrain. Une bonne basket, notamment avec une semelle offrant une adhérence suffisante, permet de mieux se déplacer et de limiter les risques de glissade sur certains terrains. Le choix des chaussures doit donc tenir compte de l’environnement dans lequel la randonnée est organisée. Une marche en forêt, sur un terrain accidenté ou humide, ne présente pas nécessairement les mêmes exigences qu’une randonnée organisée sur une route, un chemin aménagé ou en milieu urbain. Cette adaptation de l’équipement au terrain fait partie des responsabilités de l’encadreur, qui doit également informer les participants avant le départ.
Une tenue adaptée à chaque environnement
La tenue vestimentaire a également été abordée au cours de la formation. Pour les randonnées organisées en forêt, les formateurs ont recommandé, de préférence, le port d’un tee-shirt à manches longues, afin de mieux protéger le corps contre les agressions extérieures liées à l’environnement. Dans ces espaces naturels, le randonneur peut notamment être exposé à différents insectes, parmi lesquels les moustiques, les mouches tsé-tsé, les fourmis ou autres espèces susceptibles de se trouver sur le parcours. Une tenue couvrante peut donc constituer une mesure de protection supplémentaire.
Pour une randonnée pédestre organisée hors forêt, notamment en zone urbaine ou dans certains espaces de savane, le pratiquant peut privilégier une tenue plus légère, tout en restant adaptée aux conditions climatiques et à la durée de l’activité. La protection contre le soleil constitue également un élément à prendre en considération. Le port d’une casquette, d’un chapeau ou d’un foulard, notamment pour les femmes, peut permettre de mieux se protéger contre une exposition prolongée.
Après les enseignements théoriques du jeudi, les participants se sont retrouvés le vendredi pour la deuxième phase du séminaire, consacrée à la pratique sur le terrain. Cette étape était particulièrement attendue puisqu’elle devait permettre aux coachs et encadreurs de mettre en application les connaissances acquises au cours de la première journée. Les exercices d’étirement présentés par le formateur ivoirien Gbogbo Mesmer Loua ont notamment été repris dans le cadre pratique. Les participants ont ainsi pu expérimenter les différents mouvements et comprendre la manière dont ils peuvent être intégrés dans le déroulement d’une randonnée. La pratique a également permis de revenir sur les différentes étapes d’une randonnée : préparation avant le départ, organisation du groupe, progression sur le parcours, vigilance de l’encadreur, hydratation, adaptation du rythme et récupération après l’effort. Cette mise en situation a surtout permis de rapprocher la théorie des réalités du terrain.
Former des encadreurs pour sécuriser la pratique
À travers cette Master Class, l’enjeu était également de contribuer à une meilleure structuration de la randonnée pédestre au Gabon. La formation des coachs et encadreurs apparaît en effet comme une étape essentielle dans le développement de cette discipline. Plus les personnes chargées d’accompagner les pratiquants seront formées, plus les randonnées pourront être organisées dans des conditions répondant aux exigences de sécurité et de bien-être. Cette démarche prend une importance particulière dans un pays comme le Gabon, qui dispose d’un environnement naturel particulièrement favorable au développement de la randonnée. Forêts, savanes, littoral, espaces urbains et autres paysages offrent de nombreuses possibilités de parcours.
Mais cette richesse naturelle implique également une responsabilité. Les organisateurs doivent tenir compte des particularités de chaque environnement afin d’adapter les itinéraires, les équipements, les consignes et le niveau d’encadrement.
Au-delà de la dimension sportive, les différents intervenants ont rappelé la vocation plus large de la randonnée pédestre. Elle constitue un moyen de pratiquer régulièrement une activité physique, mais également un outil de promotion du bien-être et de sensibilisation à l’importance d’un mode de vie actif. La randonnée permet aussi de créer des moments de convivialité et de renforcer les liens entre les participants. Elle favorise la découverte des espaces naturels et peut contribuer à une meilleure connaissance et à une meilleure protection de l’environnement. C’est donc cette conception globale de la randonnée que la CARP et la FEGARAP cherchent à promouvoir : une pratique accessible, encadrée, sécurisée et tournée vers le bien-être des populations.
Une dynamique appelée à se poursuivre
Au terme des deux jours de formation, les participants ont ainsi été mieux outillés sur les différents aspects de la randonnée pédestre, depuis la préparation du pratiquant jusqu’à la récupération après l’effort. La session a également permis de créer un espace d’échange entre les acteurs gabonais et ivoiriens autour des méthodes d’encadrement, de la préparation physique et de la promotion de la randonnée. Pour la FEGARAP, cette formation constitue une étape supplémentaire dans la construction d’un cadre de pratique plus structuré au Gabon. Elle intervient alors que la jeune fédération entend progressivement développer la randonnée pédestre et le bien-être pour tous sur l’ensemble du territoire national.
À travers la formation des encadreurs, la sensibilisation des pratiquants et la mise en place de randonnées mieux organisées, les responsables de la discipline souhaitent ainsi donner à cette activité les moyens de prendre toute sa place dans le paysage sportif et de bien-être au Gabon. Cette Master Class de deux jours aura donc permis de rappeler une évidence, celle d’une randonnée réussie ne commence pas au moment où les participants se mettent à marcher. Elle commence dès la préparation, avec l’aptitude du pratiquant, le choix du parcours, l’équipement, la préparation physique et la qualité de l’encadrement.