Éducation : le SYSEG lance son offensive pour la défense des enseignants et la refondation de l’école gabonaise

Le paysage syndical de l’éducation au Gabon vient de s’enrichir d’un nouvel acteur. À l’occasion d’une cérémonie officielle organisée à Libreville, le Syndicat des Sentinelles de l’Éducation au Gabon (SYSEG) a été présenté au public, aux enseignants, aux parents d’élèves ainsi qu’aux représentants des administrations sous tutelle. Porté par la devise « Veiller – Défendre – Construire », le nouveau syndicat affiche une ambition claire, celle de défendre les intérêts matériels et moraux des professionnels de l’éducation tout en participant activement à la construction d’une école gabonaise plus performante, plus équitable et davantage tournée vers l’avenir. Face à une assistance composée de nombreux acteurs du monde éducatif, la Coordinatrice générale du SYSEG, Augustine Raïssa Ngoma, a prononcé un discours aux accents à la fois revendicatifs et rassembleurs, dressant un état des lieux préoccupant de la situation des enseignants gabonais. Pour les responsables du SYSEG, l’école gabonaise traverse une période charnière qui exige des réponses fortes. Si l’éducation demeure l’un des piliers fondamentaux du développement national, ceux qui en assurent quotidiennement le fonctionnement continuent de faire face à de nombreuses difficultés administratives et financières.

Dès l’entame de son intervention, la Coordinatrice générale a insisté sur le rôle central de l’enseignant dans la construction de la société gabonaise. « Il n’y a pas d’école forte sans enseignants respectés. Il n’y a pas d’éducation de qualité sans justice pour celles et ceux qui la portent à bout de bras », a-t-elle affirmé. Selon elle, la reconnaissance du travail des enseignants ne saurait se limiter à des déclarations d’intention ou à des promesses répétées. Elle doit se traduire concrètement par des actes administratifs et financiers capables d’améliorer durablement les conditions de vie et de travail des professionnels de l’éducation. C’est dans cette perspective que le SYSEG a vu le jour, avec pour objectif de devenir une force de proposition mais également de vigilance face aux dysfonctionnements qui affectent le secteur.

La régularisation des situations administratives comme priorité absolue

Au cœur des revendications du nouveau syndicat figure la question de la régularisation des situations administratives et financières des enseignants. Le SYSEG considère en effet que de nombreux agents du secteur de l’éducation demeurent confrontés à des retards persistants dans le traitement de leurs dossiers, retardant ainsi leur évolution professionnelle et compromettant parfois leur stabilité financière. Parmi les principales revendications formulées figurent entre autres, l’intégration effective des enseignants concernés ; les titularisations dans des délais raisonnables ; le respect des avancements de carrière ; l’application des reclassements après les stages de formation ; le paiement intégral des rappels de salaires et le règlement des soldes dus aux agents. Pour les responsables syndicaux, ces questions ne relèvent pas du privilège mais du strict respect des droits reconnus aux travailleurs de l’éducation. Le SYSEG affirme ainsi vouloir faire de cette bataille administrative et financière l’un des axes majeurs de son action syndicale.

Au-delà des enseignants en activité, le syndicat entend également porter la voix de catégories souvent considérées comme marginalisées au sein du système éducatif.
Il s’agit notamment des enseignants bénévoles, des agents de la main-d’œuvre non permanente (MONP) ainsi que des retraités du secteur de l’éducation. Selon les responsables du SYSEG, ces hommes et ces femmes ont contribué ou continuent de contribuer à la formation de la jeunesse gabonaise et méritent une reconnaissance effective de la part de l’État. La Coordinatrice générale a dénoncé une situation qu’elle juge incompatible avec les principes d’équité et de justice sociale. Pour le syndicat, une République moderne ne peut laisser ses serviteurs attendre indéfiniment le règlement de leurs droits ou l’aboutissement de leurs dossiers administratifs.

Une critique des résultats des précédentes mobilisations

Le discours de lancement a également été l’occasion d’un regard critique sur les mouvements revendicatifs récents ayant secoué le secteur de l’éducation nationale.
Évoquant la grève menée en décembre 2025 sous la bannière de SOS Éducation, le SYSEG a reconnu l’espoir qu’avait suscité cette mobilisation au sein du corps enseignant. Cependant, selon les responsables du nouveau syndicat, les attentes majeures des professionnels de l’enseignement demeurent largement insatisfaites à ce jour. Le syndicat estime que les avancées annoncées n’ont pas permis de résoudre durablement les difficultés rencontrées par les enseignants sur le terrain. Cette prise de position traduit la volonté du SYSEG de se démarquer des initiatives précédentes tout en affirmant sa détermination à poursuivre le combat pour l’amélioration des conditions professionnelles des enseignants.

Le SYSEG a également exprimé son insatisfaction concernant les élections professionnelles récemment organisées au Gabon. Sans remettre en cause le principe de ces consultations, le syndicat estime que plusieurs aspects mériteraient d’être revus afin de renforcer leur crédibilité et leur transparence. Les responsables du mouvement considèrent qu’une véritable démocratie sociale repose sur des mécanismes électoraux capables de refléter fidèlement la volonté des travailleurs. Dans cette optique, ils invitent les autorités compétentes à engager une réflexion visant à améliorer l’organisation des futures consultations professionnelles.

« Une illusion administrative » dénoncée

L’un des passages les plus marquants du discours a concerné l’évaluation des progrès annoncés par les autorités dans le secteur éducatif. Pour le SYSEG, les avancées souvent présentées comme significatives ne correspondent pas toujours aux réalités vécues dans les établissements scolaires. Selon le syndicat, de nombreux enseignants continuent de faire face à des carrières bloquées ; des dossiers administratifs en attente ; des rappels de salaires impayés ; des retards dans les reclassements et une dégradation progressive de leur situation professionnelle. Cette situation, affirme le syndicat, alimente un sentiment de frustration et de démotivation qui risque d’avoir des conséquences directes sur la qualité de l’enseignement. « La démotivation d’un enseignant finit toujours par affecter l’ensemble du système éducatif », estime le SYSEG.

Au-delà de la défense des intérêts professionnels, le SYSEG affirme inscrire son action dans une vision plus large de transformation du système éducatif national. Pour ses dirigeants, l’amélioration de l’école gabonaise passe inévitablement par la valorisation du métier d’enseignant.
Le syndicat se fixe ainsi trois missions fondamentales, à savoir : veiller sur les droits des enseignants ; défendre leurs intérêts face aux injustices et contribuer à la construction d’une école moderne et performante. Cette approche se veut inclusive et participative, associant l’ensemble des acteurs de la communauté éducative. Selon la Coordinatrice générale, défendre les enseignants revient à défendre l’avenir même du pays. « Défendre l’enseignant, c’est défendre l’école. Défendre l’école, c’est défendre l’avenir du Gabon », a-t-elle déclaré.

Un appel aux parents d’élèves

S’adressant directement aux parents d’élèves, le SYSEG a tenu à rappeler que les revendications portées par les enseignants concernent également l’avenir des apprenants. Le syndicat estime qu’une école performante ne peut exister sans des enseignants motivés, respectés et correctement accompagnés dans leur mission. Chaque amélioration obtenue au profit du personnel éducatif est ainsi présentée comme un investissement direct en faveur de la réussite scolaire des enfants gabonais. Cette vision vise à créer une convergence d’intérêts entre enseignants, parents et pouvoirs publics autour d’un objectif commun qui est la réussite de l’école gabonaise. À quelques semaines de la prochaine rentrée scolaire et alors que le pays est engagé dans l’organisation des examens nationaux, le SYSEG appelle le Gouvernement à prendre des mesures urgentes. Le syndicat demande notamment :
la régularisation rapide des situations administratives en souffrance ; le paiement des droits dus aux enseignants ; la dotation des établissements en matériels didactiques adaptés et le renforcement de la sécurité dans les infrastructures scolaires. Pour les responsables syndicaux, ces actions constituent des préalables indispensables à une amélioration durable des performances du système éducatif national.

Profitant de cette présentation officielle, le SYSEG a annoncé l’ouverture immédiate des adhésions à travers le pays. Cette campagne doit permettre au syndicat de structurer son implantation nationale et de préparer la grande rentrée syndicale prévue pour septembre 2026. Les responsables espèrent mobiliser largement les professionnels de l’éducation autour des valeurs de solidarité, de vigilance et d’engagement qui fondent l’organisation. Avec son lancement officiel, le SYSEG ambitionne de devenir un interlocuteur incontournable dans les discussions relatives à l’avenir de l’éducation au Gabon.
Le syndicat affirme privilégier le dialogue et la concertation avec les autorités tout en restant ferme sur la défense des intérêts des enseignants.
Dans son allocution de clôture, la Coordinatrice générale a appelé à l’unité de la profession et à la mobilisation collective pour relever les défis du système éducatif.
« Lorsque l’enseignant se relève, c’est toute la République qui se redresse », a-t-elle conclu. À travers cette déclaration fondatrice, le SYSEG entend inscrire son action dans la durée et contribuer à faire de l’éducation un véritable moteur de développement, d’égalité des chances et de cohésion nationale au Gabon.

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