Éducation nationale : la FESEENA dresse un réquisitoire contre les difficultés de l’école gabonaise et exige des mesures urgentes

Réunie en rentrée syndicale ce samedi 10 octobre 2026, au siège de Dynamique unitaire à Awendjé, dans le 4ᵉ arrondissement de Libreville, la Fédération syndicale des enseignants de l’Éducation nationale (FESEENA) a exposé les principaux maux qui continuent de fragiliser le système éducatif gabonais. Sous la présidence de son secrétaire général, Idriss Presley Mbadinga, l’organisation syndicale a interpellé les pouvoirs publics sur le manque de matériel pédagogique, la dégradation des infrastructures scolaires, les effectifs pléthoriques, les retards de paiement et les difficultés liées à la carrière des enseignants. Une série de revendications qui place les conditions de travail des personnels et la qualité de l’enseignement au cœur des priorités de cette année scolaire 2026-2027.

L’heure est au bilan, à l’interpellation et à la proposition de solutions au sein de la Fédération syndicale des enseignants de l’Éducation nationale (FESEENA). Au lendemain de la rentrée de classes pour l’année scolaire 2026/2027 et à l’occasion de sa rentrée syndicale organisée ce samedi 10 octobre 2026, à Awendjé, dans la capitale gabonaise, cette organisation a choisi de faire entendre sa voix sur les réalités auxquelles sont confrontés les enseignants dans l’exercice quotidien de leurs missions. Cette rencontre, qui s’inscrit dans la dynamique de mobilisation des personnels de l’Éducation nationale, a été présidée par le secrétaire général de la FESEENA, Idriss Presley Mbadinga. Elle a constitué une tribune pour revenir sur les difficultés qui persistent dans les établissements scolaires, mais également pour présenter les principales attentes du syndicat à l’endroit du gouvernement et du ministère de tutelle. Dans son discours de rentrée, le responsable syndical a tenu à préciser l’esprit dans lequel s’inscrit la démarche de son organisation. Loin de vouloir alimenter une polémique stérile ou de céder à la résignation, la FESEENA entend se positionner comme un partenaire social responsable, capable de constater les difficultés, d’alerter les autorités compétentes et de proposer des pistes d’amélioration. Pour la fédération, l’école gabonaise ne peut être considérée comme la propriété d’un seul groupe d’acteurs. Elle constitue un patrimoine national et un instrument essentiel de formation des citoyens, de développement économique et de construction de l’avenir du pays. À ce titre, sa sauvegarde et sa modernisation exigent une mobilisation collective, une volonté politique affirmée et une prise en compte effective des préoccupations des enseignants. À travers cette rentrée syndicale, la FESEENA a ainsi remis sur la table plusieurs dossiers jugés prioritaires, avec une exigence centrale : que les ambitions affichées en faveur de la restauration du système éducatif se traduisent par des mesures concrètes, visibles et durables sur le terrain.

Avant d’aborder les revendications professionnelles, cette rentrée syndicale a été marquée par un moment de recueillement en mémoire des camarades disparus, suivi de l’exécution de l’hymne national. Une séquence symbolique qui a permis de rappeler l’attachement des membres de la fédération à la nation et aux valeurs de solidarité qui fondent leur engagement syndical. Dans un secteur aussi stratégique que l’éducation, la mobilisation collective des enseignants apparaît, aux yeux de la FESEENA, comme une condition indispensable pour porter efficacement les revendications professionnelles et participer à l’amélioration du service public. Le slogan de cette rencontre, « Ensemble pour une école de qualité et un meilleur avenir ! », traduit cette volonté de conjuguer défense des droits des personnels et recherche de meilleures conditions d’apprentissage pour les élèves. La fédération entend ainsi rappeler que les préoccupations des enseignants ne peuvent être séparées de celles des apprenants. Des personnels insuffisamment équipés, confrontés à des classes surchargées et à des difficultés administratives récurrentes ne peuvent accomplir leurs missions dans les meilleures conditions. À l’inverse, des enseignants reconnus, convenablement accompagnés et disposant de moyens de travail adaptés sont mieux placés pour assurer un encadrement pédagogique de qualité. C’est dans cette perspective que la FESEENA a développé une série de propositions portant aussi bien sur l’organisation de la rentrée scolaire que sur les infrastructures, les budgets de fonctionnement, les carrières, la formation et la gouvernance des établissements.

Rentrée administrative : une semaine jugée insuffisante

Premier dossier abordé : l’organisation de la rentrée administrative. Pour la FESEENA, la période d’une semaine accordée aux établissements scolaires pour préparer la reprise des activités ne permet pas toujours d’accomplir convenablement l’ensemble des tâches nécessaires. En effet, la rentrée administrative ne saurait être réduite à une simple formalité. Elle constitue une étape déterminante dans la préparation de l’année scolaire. C’est durant cette période que les responsables d’établissements et les équipes pédagogiques doivent procéder aux vérifications nécessaires, examiner l’état des infrastructures, inventorier les équipements disponibles, préparer les salles de classe et organiser les opérations d’inscription et de réinscription. Cette phase permet également d’identifier les besoins en personnel, d’anticiper les difficultés organisationnelles et de mettre en place les conditions nécessaires à une reprise effective des enseignements. Or, estime la FESEENA, le temps imparti demeure trop court au regard de l’ampleur des responsabilités qui incombent aux équipes administratives et pédagogiques.
Pour remédier à cette difficulté, le syndicat invite le ministère de tutelle à envisager un allongement de la période de préparation, en s’inspirant notamment de certains établissements privés qui, selon ses observations, consacrent au moins deux semaines à la rentrée administrative. L’objectif est de permettre aux responsables scolaires de préparer plus sereinement l’accueil des élèves et d’éviter que les premières semaines de cours soient perturbées par des problèmes qui auraient pu être anticipés. À travers cette proposition, la FESEENA défend une idée simple : une rentrée scolaire réussie se prépare en amont. Le temps consacré à l’organisation, à la vérification des équipements et à la résolution des difficultés prévisibles ne constitue pas une perte de temps, mais un investissement dans la qualité du service éducatif.

Le constat dressé par la fédération concernant les conditions matérielles de travail est particulièrement préoccupant.
Dans plusieurs établissements, selon les observations rapportées par le syndicat, les enseignants et les élèves doivent composer avec un manque de tables-bancs, des tableaux en mauvais état, des infrastructures dégradées et des salles de classe accueillant des effectifs trop importants. Ces difficultés, qui affectent directement le déroulement des cours, constituent l’une des principales préoccupations de l’organisation syndicale.
Le mobilier scolaire représente un élément fondamental de l’environnement d’apprentissage. Lorsqu’il fait défaut, les conditions d’accueil des élèves se détériorent et les équipes pédagogiques rencontrent davantage de difficultés pour organiser leurs activités. De même, un tableau défectueux ou inadapté peut compliquer la transmission des connaissances, notamment dans les disciplines qui nécessitent une présentation écrite régulière des notions enseignées. À ces insuffisances s’ajoute la dégradation de certaines infrastructures, qui pose la question de l’entretien des bâtiments et de la capacité des établissements à offrir un environnement scolaire fonctionnel. Pour la FESEENA, ces difficultés ne sont pas nouvelles. Elles témoignent, selon elle, de dysfonctionnements structurels qui continuent de peser sur le système éducatif gabonais malgré les ambitions annoncées en matière de restauration de l’école. La fédération considère que la volonté politique de réformer et de moderniser l’éducation doit impérativement s’accompagner d’investissements matériels suffisants. Sans équipements adaptés, sans bâtiments entretenus et sans salles de classe correctement aménagées, les objectifs d’amélioration de la qualité de l’enseignement risquent de rester difficiles à atteindre. Face à cette situation, la FESEENA réclame la mise en place d’un plan d’urgence d’équipement des établissements scolaires en tables-bancs et en tableaux, ainsi que la réhabilitation des infrastructures les plus dégradées. Elle souhaite que cette intervention permette de répondre aux besoins les plus pressants et d’améliorer progressivement les conditions d’enseignement et d’apprentissage sur l’ensemble du territoire national.

Effectifs pléthoriques : une proposition adressée directement au chef de l’État

Au-delà du manque de matériel, la question des effectifs pléthoriques demeure l’un des défis majeurs évoqués par la FESEENA. Les classes surchargées rendent plus difficile le suivi individuel des élèves, compliquent la gestion pédagogique et limitent parfois la capacité des enseignants à répondre aux besoins spécifiques des apprenants. Dans de telles conditions, le temps consacré à chaque élève peut se réduire, tandis que la correction des exercices, l’évaluation des acquis et l’accompagnement des difficultés deviennent plus exigeants pour les enseignants. Face à cette réalité, la fédération formule une proposition qui vise directement les responsables de la politique éducative. Elle suggère au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema de prendre un décret obligeant les responsables de l’Éducation nationale à scolariser leurs enfants dans les établissements publics. À terme, cette mesure pourrait, selon le syndicat, être étendue aux responsables d’autres ministères. Par cette proposition, la FESEENA entend attirer l’attention des décideurs sur la nécessité de vivre au plus près les réalités du service public dont ils ont la responsabilité. Selon la logique défendue par le syndicat, la fréquentation des établissements publics par les enfants des responsables concernés pourrait contribuer à renforcer leur intérêt pour les problèmes de capacité d’accueil, de disponibilité du mobilier, d’entretien des infrastructures et de qualité de l’encadrement pédagogique. Cette revendication se présente comme un moyen de rapprocher les décisions administratives des réalités vécues quotidiennement par les familles et les personnels. Elle soulève néanmoins des questions de faisabilité, de modalités d’application et de liberté de choix des familles, qui devraient être examinées dans le cadre d’un éventuel débat public. Pour la FESEENA, l’essentiel demeure que les responsables publics prennent pleinement la mesure des difficultés auxquelles sont confrontés les élèves et les enseignants et qu’ils accordent à l’école publique les moyens nécessaires à son amélioration.

Autre sujet majeur : les ressources financières mises à la disposition des établissements scolaires. La FESEENA dénonce l’insuffisance des budgets de fonctionnement alloués aux structures éducatives, mais aussi leur exécution qu’elle juge parfois incomplète. Cette situation aurait pour conséquence de placer les chefs d’établissement devant des besoins quotidiens qu’ils ne peuvent toujours satisfaire avec les ressources disponibles. Le syndicat évoque notamment des cas dans lesquels les responsables scolaires se voient contraints de solliciter les parents d’élèves pour obtenir des fournitures aussi élémentaires que des rames de papier ou des boîtes de craie. Pour la fédération, cette situation appelle une réflexion approfondie sur le financement du fonctionnement courant des établissements publics. Il lui paraît difficilement acceptable que les équipes pédagogiques soient régulièrement confrontées à l’insuffisance de fournitures indispensables à l’exercice de leurs missions, alors même que l’école constitue un service public essentiel. La FESEENA propose, à cet effet, de s’inspirer de certaines modalités de financement observées dans le secteur de la santé. Son secrétaire général évoque notamment le cas des responsables de structures sanitaires qui peuvent disposer de crédits distincts pour le fonctionnement et l’entretien des installations. La fédération souhaite que le même principe puisse être envisagé au bénéfice des proviseurs et des principaux, afin de leur permettre de mieux assurer l’entretien des établissements dont ils ont la charge. Une telle évolution pourrait, selon elle, faciliter la prise en charge de certaines réparations, améliorer la maintenance des bâtiments et réduire la dépendance des établissements à l’égard des contributions ponctuelles des parents.
Derrière cette revendication se pose donc la question de l’autonomie opérationnelle des établissements et de la prévisibilité des ressources nécessaires à leur fonctionnement. Pour la FESEENA, un établissement scolaire ne peut remplir convenablement ses missions si les moyens indispensables à son activité quotidienne ne sont pas disponibles au moment opportun.

Situations administratives et rappels de solde : sortir de l’impasse

Les revendications de la FESEENA ne se limitent pas aux équipements et aux infrastructures. Elles portent également sur les droits professionnels et financiers des enseignants. Concernant la régularisation des situations administratives et le paiement des rappels de solde, la fédération prend acte de la volonté de l’État d’apporter des réponses aux dossiers en attente. Elle considère toutefois que les ressources mobilisées et le rythme de traitement des dossiers restent insuffisants au regard des attentes des personnels. Selon les chiffres avancés dans le discours syndical, le rythme de régularisation serait d’environ vingt dossiers par mois. Pour la FESEENA, une telle cadence risque de prolonger considérablement les délais de traitement et de maintenir de nombreux agents dans l’incertitude. Le syndicat souligne que les retards administratifs peuvent avoir des conséquences importantes sur le parcours professionnel des enseignants. Ils peuvent affecter l’évolution de carrière, les droits financiers et la préparation de la retraite. La perspective de voir certains agents quitter le service public sans avoir obtenu la régularisation de leur situation constitue, aux yeux de la fédération, une source de préoccupation supplémentaire. C’est pourquoi elle réclame une augmentation significative de l’enveloppe budgétaire consacrée à ces opérations et demande que les crédits nécessaires soient pris en compte dans la loi de finances 2027. Pour la FESEENA, l’enjeu est de donner aux engagements de l’État une traduction administrative et financière effective. Les dossiers en attente doivent pouvoir être traités selon un calendrier plus soutenu, avec des procédures transparentes et une meilleure visibilité pour les agents concernés. La fédération souhaite ainsi que la régularisation des situations administratives cesse d’être une attente prolongée et devienne un processus mieux planifié, assorti de moyens adaptés.

La question des vacations liées aux examens nationaux a également occupé une place importante dans l’intervention du secrétaire général, Idriss Presley Mbadinga.
Chaque année, les enseignants sont mobilisés pour assurer le bon déroulement des examens officiels, notamment le Certificat d’études primaires (CEP), le Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et le baccalauréat. Ces opérations exigent une disponibilité importante des personnels, qu’il s’agisse de la surveillance des épreuves, de la correction des copies ou de la participation aux délibérations. Selon la FESEENA, les enseignants peuvent être amenés à parcourir de longues distances, à travailler pendant de nombreuses heures et à engager certaines dépenses sur leurs propres ressources avant de percevoir les vacations correspondantes. L’organisation syndicale déplore que les paiements interviennent parfois plusieurs mois après l’accomplissement des missions. Elle considère que ces délais ne correspondent pas à la nature du travail effectué et à l’importance de la contribution des enseignants à la crédibilité des diplômes nationaux. Pour soutenir sa revendication, la fédération compare la situation des personnels mobilisés lors des examens à celle des agents intervenant dans les opérations électorales, dont les paiements peuvent être effectués rapidement après leur mission. Cette comparaison vise à démontrer, selon elle, que des mécanismes de règlement plus rapides pourraient être envisagés lorsque les procédures administratives et financières sont correctement organisées. La FESEENA demande donc que les vacations relatives au CEP, au BEPC et au baccalauréat soient payées dès la fin des opérations concernées. Elle estime que cette mesure permettrait de reconnaître l’engagement des enseignants, de limiter les avances de frais et de renforcer la confiance entre les personnels et l’administration. Au-delà du montant des vacations, c’est la reconnaissance du travail accompli et le respect des délais de paiement qui sont ici mis en avant par la fédération.

Modification de la loi n° 8/91 : préserver l’équité dans les carrières

Sur le terrain statutaire, la FESEENA exprime ses préoccupations à l’égard du projet de modification de la loi n° 8/91 portant statut général des fonctionnaires.
Le point de désaccord mis en avant par le syndicat concerne notamment l’avancement automatique des enseignants. Pour la fédération, ce mécanisme constitue une garantie importante dans la gestion des carrières, puisqu’il contribue à la prise en compte de l’ancienneté et du parcours professionnel des agents selon les règles applicables. Le syndicat redoute qu’une remise en cause de ce principe ne conduise à accorder une place trop importante aux décisions discrétionnaires, avec le risque de voir apparaître des inégalités de traitement entre les personnels. Il met en garde contre les pratiques de favoritisme et de clanisme que pourrait favoriser, selon lui, un système insuffisamment encadré. La FESEENA réclame par conséquent le maintien de l’avancement automatique et invite les autorités à préserver les garanties professionnelles auxquelles les enseignants sont attachés. Cette position traduit une préoccupation plus large : celle de disposer d’un cadre statutaire clair, prévisible et équitable, qui permette aux agents de connaître leurs droits et de construire leur parcours professionnel sur des bases transparentes. Pour l’organisation syndicale, toute réforme touchant à la carrière des fonctionnaires doit faire l’objet d’un examen approfondi et d’une concertation avec les représentants des personnels concernés. L’objectif ne devrait pas seulement être de modifier les textes, mais également de garantir une gestion plus efficace des ressources humaines et une meilleure reconnaissance de l’engagement des agents publics.

La FESEENA s’inquiète également de la situation des nominations aux postes de chefs d’établissement. Dans son intervention, le secrétaire général, Idriss Presley Mbadinga déplore l’absence de mouvement significatif dans ce domaine depuis plus de quatre ans. Cette situation aurait favorisé le maintien de plusieurs intérimaires à la tête des établissements scolaires, y compris dans des contextes où une clarification de la situation administrative des responsables serait nécessaire. Pour la fédération, la direction d’un établissement scolaire exige de la stabilité, une vision pédagogique cohérente et la capacité de programmer des actions sur plusieurs années. Or, lorsqu’un responsable exerce durablement dans le cadre d’un intérim, la mise en œuvre de projets à long terme peut devenir plus complexe. La continuité administrative, la planification des investissements et la mobilisation des équipes risquent alors de pâtir de l’incertitude entourant la fonction. La FESEENA considère qu’un établissement scolaire ne peut être durablement dirigé dans une situation administrative imprécise sans que cela soulève des interrogations sur sa gouvernance. Elle demande donc au ministère de l’Éducation nationale de procéder aux nominations attendues dans les meilleurs délais. Pour le syndicat, cette démarche permettrait de clarifier les responsabilités, de renforcer la stabilité des équipes dirigeantes et de donner aux établissements une meilleure visibilité dans la conduite de leurs activités. La fédération attend ainsi des autorités une décision qui tienne compte à la fois des besoins du service public, des compétences des personnels et de la nécessité d’assurer une gestion cohérente des structures éducatives.

École normale supérieure : réexaminer le régime de formation

La formation des enseignants constitue un autre volet des revendications présentées au cours de cette rentrée syndicale. S’agissant de l’École normale supérieure (ENS), la FESEENA plaide pour le retour au régime de la vacation, qu’elle considère comme un modèle ayant fait ses preuves dans la formation des formateurs. Pour le syndicat, la question de la formation initiale ne peut être dissociée de la qualité de l’enseignement dispensé dans les établissements scolaires. La préparation des futurs enseignants doit leur permettre d’acquérir les compétences pédagogiques, disciplinaires et professionnelles nécessaires à l’exercice de leur métier. Elle doit également tenir compte de l’évolution des programmes, des méthodes d’apprentissage et des besoins du système éducatif. La fédération invite donc les autorités compétentes à réexaminer les modalités de fonctionnement de l’ENS et à privilégier les dispositifs qui garantissent une formation de qualité. Son appel s’inscrit dans une réflexion plus large sur la nécessité de disposer d’enseignants suffisamment formés, correctement accompagnés et préparés aux réalités du terrain. Pour la FESEENA, toute évolution de l’organisation de la formation doit être guidée par la recherche de résultats concrets et par la volonté de renforcer les compétences des personnels appelés à transmettre les connaissances aux générations futures. Contrairement à une éventuelle interprétation de ses revendications comme un rejet de toute transformation, la FESEENA affirme ne pas être opposée aux réformes. Elle considère néanmoins que leur réussite dépend de la qualité de leur préparation et des moyens mobilisés pour les appliquer. Dans son discours, Idriss Presley Mbadinga insiste sur plusieurs conditions : la formation des personnels, la disponibilité du matériel pédagogique, l’établissement d’un calendrier réaliste et la concertation avec les partenaires sociaux. Pour le syndicat, une réforme peut être pertinente dans ses objectifs, mais produire des résultats insuffisants si les enseignants ne disposent pas des outils nécessaires à sa mise en œuvre. L’introduction de nouvelles méthodes, la modification des programmes ou l’évolution des dispositifs de formation doivent ainsi s’accompagner d’une préparation adaptée des personnels et d’une évaluation des besoins matériels. La FESEENA met également l’accent sur la nécessité d’associer les acteurs de terrain aux décisions qui concernent directement leur travail.

Les enseignants, en raison de leur expérience quotidienne dans les salles de classe, disposent d’une connaissance pratique des difficultés rencontrées par les élèves et des contraintes auxquelles sont confrontées les équipes pédagogiques. Leur participation aux discussions peut contribuer à identifier les obstacles potentiels et à proposer des solutions plus adaptées. La fédération appelle donc le ministère à renforcer le dialogue social et à faire de la concertation un élément essentiel de la conduite des réformes éducatives. L’enjeu est de parvenir à des changements qui répondent réellement aux besoins du système éducatif, plutôt que de multiplier des mesures dont l’application serait compromise par l’absence de moyens ou de préparation. La question des concours internes et professionnels figure également parmi les dossiers sur lesquels la FESEENA attend des avancées. Pour l’organisation syndicale, ces concours constituent un instrument important de formation continue, de progression professionnelle et de consolidation des compétences au sein du corps enseignant.
Ils permettent aux agents de se préparer à de nouvelles responsabilités, de renforcer leurs connaissances et de faire évoluer leur parcours selon les dispositifs prévus par l’administration. Cependant, lorsque les échéances ne sont pas clairement définies ou que les calendriers attendus ne sont pas publiés, les personnels peuvent éprouver des difficultés à anticiper leurs perspectives professionnelles. La FESEENA invite donc le ministère de tutelle à respecter ses engagements en matière d’organisation de ces concours et à publier un calendrier précis. Cette demande vise à permettre aux enseignants de mieux préparer les échéances, d’organiser leur parcours et de disposer d’informations fiables sur les possibilités de progression. Pour le syndicat, la formation continue ne devrait pas être considérée comme une démarche accessoire. Elle constitue une composante essentielle de la qualité du système éducatif, particulièrement dans un contexte où les exigences pédagogiques et les attentes de la société évoluent. La fédération souhaite par conséquent que les engagements pris par les autorités soient suivis d’effets et que les concours internes et professionnels soient organisés selon une périodicité clairement définie.

Le dialogue social comme voie privilégiée, sans renoncer à la vigilance

Au terme de son intervention, Idriss Presley Mbadinga a réaffirmé la disponibilité de la FESEENA à poursuivre le dialogue avec le ministère de l’Éducation nationale et le gouvernement. Cette ouverture traduit la volonté de l’organisation de rechercher des solutions par la concertation, tout en maintenant une position ferme sur les questions jugées prioritaires. Pour la fédération, le dialogue social doit permettre aux partenaires de confronter leurs analyses, de clarifier les engagements et de définir des réponses concrètes aux difficultés rencontrées par les personnels. Il ne saurait toutefois se limiter à des rencontres sans suites opérationnelles. Les enseignants attendent des améliorations tangibles dans leurs conditions de travail, leur situation administrative et financière, ainsi que dans l’organisation générale des établissements. La FESEENA affirme ainsi sa détermination à rester mobilisée pour défendre les intérêts matériels et moraux de ses membres. Elle appelle les enseignants à renforcer leur solidarité et leur participation à la vie syndicale, estimant que l’unité de la profession constitue un levier essentiel pour porter les revendications et obtenir des avancées. La devise « La force de la FESEENA, c’est vous ! » prend, dans ce contexte, tout son sens. Elle rappelle que l’efficacité de l’action syndicale repose aussi sur l’engagement des adhérents, leur capacité à se mobiliser et leur volonté de défendre collectivement les intérêts de la profession. Au terme de cette rentrée syndicale, le message de la FESEENA apparaît clairement : l’amélioration de l’école gabonaise nécessite une approche globale, associant investissements matériels, meilleure gestion administrative, reconnaissance des personnels et réformes adaptées aux réalités du terrain.

Les revendications présentées concernent des domaines complémentaires. Le manque de tables-bancs et la dégradation des infrastructures renvoient à la question des moyens matériels. Les budgets de fonctionnement interrogent les modalités de financement des établissements. Les rappels de solde, les vacations et les avancements soulèvent des enjeux de respect des droits professionnels. Enfin, les questions relatives à la formation, aux concours et aux nominations mettent en évidence la nécessité d’une gestion plus prévisible des ressources humaines. Pour la fédération, ces différents dossiers ne peuvent être traités de manière isolée. Ils participent tous à la construction d’un environnement scolaire favorable à l’apprentissage et à l’épanouissement des élèves. Une école de qualité suppose des infrastructures fonctionnelles, des équipements disponibles, des effectifs raisonnables, des responsables capables de conduire des projets pédagogiques et des enseignants disposant des moyens nécessaires à l’accomplissement de leurs missions. Elle suppose également une administration attentive aux situations professionnelles, respectueuse des engagements pris et capable de répondre aux préoccupations exprimées par les personnels. En interpellant les autorités au cours de cette rentrée syndicale, la FESEENA entend donc contribuer au débat sur l’avenir de l’éducation nationale et rappeler que la restauration du système éducatif ne peut reposer uniquement sur des déclarations d’intention. Les mesures attendues devront se traduire par des résultats perceptibles dans les établissements, dans les salles de classe et dans la vie professionnelle des enseignants.

Sauver l’école est une responsabilité collective

La rentrée syndicale du 10 octobre 2026, a permis à la FESEENA de réaffirmer son rôle de défenseur des intérêts des enseignants, mais aussi de porte-voix des préoccupations qui traversent l’école publique gabonaise. À travers les propositions formulées par son secrétaire général, Idriss Presley Mbadinga, l’organisation appelle les pouvoirs publics à faire de l’éducation une priorité traduite par des moyens suffisants, des décisions cohérentes et un dialogue social suivi. La fédération ne ferme pas la porte aux discussions avec les autorités. Elle souhaite cependant que celles-ci débouchent sur des engagements précis et des mesures concrètes, susceptibles de répondre aux difficultés signalées. Pour les enseignants, l’enjeu est de pouvoir exercer leur métier dans des conditions dignes, bénéficier d’une gestion administrative plus efficace et voir leurs droits professionnels respectés. Pour les élèves et leurs familles, il s’agit de disposer d’un service public d’éducation capable d’assurer un encadrement de qualité et de préparer les jeunes aux exigences de l’avenir.

Au-delà des revendications syndicales, c’est donc la question de la place accordée à l’école publique dans les priorités nationales qui se trouve posée. « Sauvons l’école gabonaise » : cet appel lancé par la FESEENA résume l’esprit de cette rentrée syndicale. Il invite les autorités, les enseignants, les parents et l’ensemble des acteurs concernés à conjuguer leurs efforts pour faire de l’éducation un véritable levier de développement. Reste désormais à savoir dans quelle mesure les préoccupations exprimées trouveront une traduction concrète dans les décisions du ministère de tutelle et du gouvernement au cours de l’année scolaire 2026-2027. Pour la FESEENA, une chose est certaine : l’avenir de l’école gabonaise dépendra de la capacité de tous les acteurs à dépasser les constats, à respecter les engagements et à agir collectivement en faveur d’un système éducatif plus équitable, mieux équipé et résolument tourné vers la réussite des élèves.





Assistant Edu Gabon

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