Gabon : la Présidence met en avant une année de réformes et appelle à une mobilisation nationale autour de la transformation du pays

Fidèle au rendez-vous désormais régulier avec les médias, le Conseiller spécial, Porte-parole de la Présidence de la République, Théophane Nzame-Nze Biyoghe, a animé ce vendredi une conférence de presse au Palais de la Présidence, consacrée au bilan de la première année d’action du Président de la République, Chef de l’État et Chef du Gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema, ainsi qu’aux perspectives qui se dessinent pour la poursuite des réformes engagées sous la Ve République. Devant les représentants de la presse nationale et internationale, le Porte-parole a replacé cette rencontre dans le prolongement de l’allocution présidentielle prononcée le 15 juin dernier devant le Parlement réuni en Congrès. Selon lui, cette intervention du Chef de l’État a constitué « un grand moment de vérité, de transparence et de communion nationale », au cours duquel le Président a présenté les réalisations accomplies depuis son investiture tout en fixant le cap des prochaines années. Dès l’entame de son propos, Théophane Nzame-Nze Biyoghe a insisté sur la philosophie qui guide désormais l’action publique, celle de bâtir un Gabon plus souverain, plus prospère, plus juste et davantage tourné vers l’avenir. Une ambition qui, selon lui, repose sur plusieurs piliers complémentaires, à savoir : la restauration de la crédibilité internationale du pays, la transformation structurelle de l’économie, l’amélioration des infrastructures, le renforcement de la protection sociale, le développement du capital humain et une gouvernance fondée sur la responsabilité.

Le Porte-parole a d’abord rappelé que l’une des premières priorités du Président de la République avait consisté à réhabiliter l’image du Gabon sur la scène internationale. Selon lui, la diplomatie gabonaise connaît aujourd’hui un nouveau souffle grâce à une politique extérieure basée sur le dialogue, le respect mutuel, la coopération équilibrée et la défense des intérêts stratégiques de la Nation. Cette nouvelle orientation, a-t-il expliqué, permet au Gabon de retrouver progressivement toute sa crédibilité auprès de ses partenaires internationaux et de jouer un rôle plus actif dans les grands dossiers régionaux et internationaux. Pour la Présidence, cette reconnaissance retrouvée constitue un levier essentiel pour attirer davantage d’investissements, développer les partenariats économiques et renforcer le rayonnement du pays.

Transformer le modèle économique national

Abordant ensuite les questions économiques, Théophane Nzame-Nze Biyoghe a souligné que le Chef de l’État entend rompre progressivement avec un modèle fondé essentiellement sur l’exportation des matières premières. La stratégie gouvernementale vise désormais la transformation locale des ressources naturelles afin que les richesses produites profitent davantage à l’économie nationale.
Le manganèse, principale ressource minière du pays, illustre parfaitement cette nouvelle orientation. L’objectif est d’encourager la transformation industrielle sur le territoire national afin de générer davantage de valeur ajoutée, de favoriser les transferts de compétences et de créer des milliers d’emplois pour les jeunes Gabonais. Cette politique s’accompagne d’une volonté affirmée de diversifier l’économie à travers plusieurs secteurs prioritaires, notamment les infrastructures, l’agriculture, les nouvelles technologies, l’énergie, l’industrie de transformation, les services et l’économie numérique. Selon le Porte-parole, cette diversification constitue l’une des conditions indispensables pour réduire la dépendance du Gabon aux matières premières et construire une croissance plus résiliente.

L’un des chapitres les plus développés de la conférence de presse a concerné les réformes engagées dans le secteur agricole. Le Conseiller spécial a rappelé que le Président de la République souhaite faire de l’agriculture un véritable moteur de développement économique et un pilier de la souveraineté alimentaire. Pour atteindre cet objectif, plusieurs investissements structurants ont été réalisés au cours de cette première année. Il a notamment cité la construction et l’équipement de deux laboratoires d’analyse des sols, associés à un système d’information géographique permettant une meilleure planification des productions agricoles. Le Laboratoire national vétérinaire a également été réhabilité afin de renforcer les capacités de contrôle sanitaire.
Par ailleurs, le gouvernement a constitué la première base de données juridique consacrée au foncier agricole, adopté de nouveaux textes réglementaires sur les semences végétales et mis en place un dispositif normatif relatif aux pesticides.
Une autre avancée importante réside dans l’adoption, en Comité interministériel, d’une loi-cadre destinée à renforcer la sécurité sanitaire des produits alimentaires. Sur le terrain, les investissements se traduisent également par la distribution de 145 tracteurs et équipements agricoles dans l’ensemble des provinces ainsi que par la mise à disposition de 91 véhicules au profit des services techniques du ministère de l’Agriculture. Le développement de la filière avicole constitue également une priorité.
L’ESFAG a permis de réaliser la première base de données nationale de cette filière stratégique. Le gouvernement a ensuite adopté un Plan opérationnel d’urgence pour la filière avicole, doté d’une enveloppe de 120 milliards de francs CFA sur deux ans. Ce programme prévoit notamment l’accompagnement de 150 fermes avicoles, la création de la Société Agropastorale du Gabon et un important renforcement des moyens budgétaires du ministère de l’Agriculture, dont les crédits atteignent désormais 81 milliards de francs CFA, soit quatre fois le niveau des exercices précédents.

Des infrastructures pour soutenir la croissance

La Présidence considère que la transformation économique ne peut être durable sans un vaste programme de modernisation des infrastructures. À ce titre, le Porte-parole a annoncé que 1 886,40 kilomètres de routes sont actuellement en cours d’aménagement sur l’ensemble du territoire. Les principaux projets concernent les axes Ovan-Makokou, Oyem-Assok-Medzeng, Moanda-Bakoumba, Ntoum-Cocobeach, le tronçon PK24-PK105 de la Transgabonaise ainsi que l’important chantier Alembe-Carrefour Le Roy-Mikouyi.
Au-delà de l’amélioration des déplacements, ces travaux visent à désenclaver plusieurs régions, faciliter les échanges commerciaux, soutenir les activités agricoles et minières et renforcer l’intégration nationale. Selon les chiffres communiqués par la Présidence, ces différents chantiers ont déjà permis la création de 6 289 emplois directs répartis dans les neuf provinces. En parallèle, l’État a acquis 167 engins de génie civil, entretenu plus de 446 kilomètres de routes en terre, réhabilité 27 ponts en bois et poursuivi plusieurs opérations destinées à améliorer la sécurité routière.

Le Porte-parole a ensuite détaillé les réformes sociales engagées depuis un an.
Il a particulièrement insisté sur le lancement du Fonds 4, opérationnel depuis le 2 février 2026, qui permet désormais aux travailleurs indépendants et aux assurés volontaires d’accéder à une couverture maladie. Selon lui, cette réforme marque une étape importante dans la construction d’un système de protection sociale plus inclusif. Dans le secteur de la santé, plusieurs investissements ont été réalisés afin d’améliorer l’offre de soins. Quatorze blocs opératoires et de réanimation ont été réhabilités. Des scanners médicaux ont été installés dans les hôpitaux de Port-Gentil, Koulamoutou et Mouila afin de limiter les évacuations coûteuses vers Libreville. Le système sanitaire a également été renforcé par le déploiement de 268 médecins généralistes, le recrutement de 400 médecins et sages-femmes ainsi que la formation de 200 agents de santé communautaire répartis dans sept départements. Sur le plan administratif, plusieurs centaines d’agents publics ont été régularisés avec leur intégration effective dans le système de rémunération.

La lutte contre la vie chère demeure une priorité

Le Conseiller spécial a également rappelé que la maîtrise du coût de la vie reste au cœur des préoccupations du Chef de l’État.
La création de la Centrale d’Achat du Gabon constitue, selon lui, un instrument majeur destiné à améliorer l’approvisionnement du marché et à réduire les prix de certains produits. À cela s’ajoutent la suspension de la TVA sur plusieurs matériaux de construction, la prorogation des exonérations fiscales sur des produits de première nécessité ainsi que le renouvellement de la mercuriale destinée à encadrer les prix. Face aux difficultés persistantes d’accès à l’eau potable, la Présidence a rappelé la décision du Chef de l’État de décréter un état d’urgence hydrique. Cette mesure mobilise les administrations concernées, les forces de défense et plusieurs partenaires afin d’assurer une distribution plus efficace de l’eau à des tarifs réduits en attendant l’achèvement des projets structurants. Concernant l’électricité, plusieurs avancées ont été présentées. La ligne Bikélé-Nkok est désormais opérationnelle et permet d’alimenter plus de 3 000 ménages. La capacité du barrage hydroélectrique du Grand Poubara a été portée à 160 mégawatts, tandis que 298 points lumineux ont été réhabilités dans le Grand Libreville.
Par ailleurs, 30 groupes électrogènes thermiques ont été installés dans 16 localités du pays afin de renforcer l’alimentation électrique.

Une visite d’État en France pour consolider le partenariat stratégique

Évoquant l’agenda diplomatique du Chef de l’État, Théophane Nzame-Nze Biyoghe a annoncé que le Président Brice Clotaire Oligui Nguema effectuera la semaine prochaine une visite d’État en France à l’invitation du Président Emmanuel Macron.
Cette rencontre permettra d’évaluer les progrès enregistrés dans la coopération bilatérale et de faire le point sur les accords conclus lors de la visite officielle du Président français à Libreville en novembre dernier. Selon la Présidence, les relations entre Libreville et Paris s’inscrivent désormais dans une logique de partenariat renouvelé, fondé sur les intérêts mutuels et un principe de coopération gagnant-gagnant. En conclusion, le Porte-parole de la Présidence a insisté sur la nécessité d’une mobilisation générale pour accompagner les réformes engagées.
Il a rappelé que le développement du Gabon ne dépend pas uniquement des investissements publics ou des grandes infrastructures, mais également de l’engagement quotidien des citoyens, des entreprises, de la société civile et de l’ensemble des institutions. Selon lui, la réussite de la Ve République passe par un changement profond des mentalités, une culture renforcée de responsabilité, le respect du bien commun et une participation active de tous à la construction nationale.

En réaffirmant que « le Gabon restaure sa crédibilité internationale, transforme son économie, investit dans ses infrastructures et prépare un modèle social plus inclusif », Théophane Nzame-Nze Biyoghe a voulu adresser un message de confiance et de mobilisation. À travers cette conférence de presse, la Présidence de la République a ainsi cherché à démontrer que les réformes engagées depuis un an s’inscrivent dans une stratégie globale de refondation de l’État, de modernisation de l’économie et d’amélioration durable des conditions de vie des Gabonaises et des Gabonais.

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