La commune d’Owendo a été, le temps d’une matinée, le théâtre d’une importante rencontre sportive consacrée à la randonnée pédestre d’endurance. Organisée par la Confédération africaine de randonnée pédestre et du bien être pour tous (CARP) en collaboration avec la Fédération gabonaise de randonnée pédestre et du bien-être pour tous (FEGARAP), cette première édition de la compétition internationale de randonnée d’endurance individuelle a réuni des athlètes gabonais et ivoiriens, venus se mesurer sur un parcours exigeant, composé notamment de dénivelés, de graviers et de plusieurs obstacles. Au terme des différentes épreuves, la Côte d’Ivoire s’est taillé la part du lion, en s’adjugeant plusieurs premières places dans les catégories engagées. Mais au-delà des résultats individuels, le Gabon peut également se réjouir d’avoir atteint l’un de ses principaux objectifs, celui de mettre ses athlètes à l’épreuve et procéder à une première détection en vue de la constitution de ses futures équipes nationales.
La cérémonie a été marquée par la présence des autorités municipales d’Owendo. C’est Mme Jeanne Estelle Ndzobayo Ndangha, 3e adjointe au maire, qui a donné le coup d’envoi de cette activité sportive, le samedi 8 août dernier. S’exprimant devant les participants, l’élue municipale a tenu à transmettre les encouragements du maire et de la municipalité aux organisateurs et aux différentes délégations présentes. Elle a notamment souhaité la bienvenue aux participants et leur a adressé ses vœux pour un bon séjour dans la commune d’Owendo, tout en leur souhaitant une parfaite organisation de cette randonnée.
« Nous sommes là juste pour vous accompagner et vous souhaiter un bon séjour déjà dans la commune d’Owendo et une bonne organisation de votre randonnée chez nous », a-t-elle déclaré. Même si elle ne devait pas effectuer le parcours aux côtés des randonneurs, Mme Jeanne Estelle Ndzobayo Ndangha a tenu à faire savoir que son soutien demeurait entier. Une manière, selon elle, d’accompagner les sportifs « en esprit ». Cette présence de la municipalité vient confirmer l’intérêt grandissant des collectivités locales pour les activités sportives orientées vers la santé, le bien-être et l’entretien physique.
Marie-Laure Essan Amoin salue la mobilisation
Prenant la parole à son tour, Marie-Laure Essan Amoin, présidente de la Confédération africaine de randonnée pédestre et du bien-être pour tous, présidente de la Fédération ivoirienne de randonnée pédestre et du bien-être pour tous, et membre du Comité exécutif de la Fédération internationale du sport pour tous, a exprimé sa satisfaction de prendre part à cette activité au Gabon. Pour la responsable africaine, la forte mobilisation enregistrée autour de cette première édition constitue un signal encourageant pour le développement de la randonnée d’endurance sur le continent. Elle a notamment rappelé qu’il existe plusieurs formes de randonnée d’endurance, notamment la randonnée individuelle, la randonnée par équipe et la randonnée en relais. Cette première compétition individuelle organisée au Gabon devait donc permettre aux athlètes de se confronter à une nouvelle forme d’épreuve et aux responsables techniques d’évaluer les capacités de chacun. « C’est un grand honneur d’être avec vous chez moi et aussi de voir qu’il y a beaucoup d’athlètes qui veulent prendre part à cette première édition de randonnée d’endurance individuelle », a-t-elle souligné.
Une organisation adaptée aux différentes catégories
Compte tenu du nombre de participants et des différentes catégories engagées, la direction technique a décidé d’adapter l’organisation des départs. Les compétiteurs ont ainsi été regroupés par catégories d’âge et de niveau, avec notamment les seniors, les vétérans et les super-vétérans. Le parcours de compétition avait été aménagé sous forme de boucles de 500 mètres, permettant de contrôler plus facilement les passages des participants et d’assurer un suivi précis de la course. Pour certaines catégories engagées sur 10 kilomètres, les athlètes devaient effectuer 20 tours du circuit. Les catégories disputant des distances plus courtes devaient, quant à elles, effectuer un nombre de tours correspondant à leur distance de compétition. Cette formule a permis aux organisateurs de tenir compte des capacités physiques des participants, tout en maintenant un niveau de compétition suffisamment exigeant. Les hommes et les femmes ont également pu être regroupés lorsque le nombre de participants le permettait, avec des départs organisés par catégories.
Avant le début des épreuves proprement dites, les organisateurs ont également prévu une randonnée collective jusqu’au site de compétition. Cette séquence devait permettre aux participants de converger ensemble vers le lieu retenu pour les épreuves, dans un esprit de convivialité et de cohésion. Les randonneurs ont été disposés en plusieurs rangées afin de faciliter l’encadrement du groupe et de permettre aux équipes de communication et aux cadreurs de disposer de bonnes images de cette importante manifestation.
Le départ de cette randonnée a été donné par la représentante de la municipalité d’Owendo. Une fois arrivés sur le site de compétition, les athlètes ont été invités à se préparer pour les différentes épreuves, notamment ceux des catégories super-vétérans et super-super-vétérans.
Kessi Koffi, la performance d’un super-vétéran
Parmi les performances ivoiriennes les plus remarquées figure celle de Kessi Koffi, engagé dans la catégorie des super-vétérans. Né le 30 décembre 1965 à Dabou, en Côte d’Ivoire, le randonneur a fait de la pratique sportive et de l’entretien physique des éléments essentiels de son quotidien. Après sa victoire, il a expliqué que la performance dans une compétition d’endurance ne se prépare pas uniquement le jour de la course. Pour lui, l’athlète doit commencer par prendre soin de son corps et adopter une bonne hygiène de vie. Il insiste notamment sur la nécessité de pratiquer régulièrement une activité physique et d’éviter les comportements susceptibles de nuire à la condition physique. Le randonneur ivoirien estime qu’une pratique sportive régulière, à raison de plusieurs séances par semaine, permet progressivement au corps de s’habituer à l’effort. Il recommande également aux sportifs d’apprendre à connaître leurs propres capacités afin d’adapter leur allure en fonction du terrain.
Interrogé sur ses impressions après avoir découvert le parcours, Kessi Koffi a reconnu qu’il avait, dans un premier temps, sous-estimé la difficulté de l’épreuve. La première randonnée lui avait donné l’impression que le parcours serait relativement abordable. Mais lorsque la compétition proprement dite a commencé, notamment après les premiers tours, son appréciation a changé. Les difficultés du terrain, les dénivelés, les graviers et les différents obstacles l’ont obligé à revoir son approche. Il a alors compris que la compétition nécessitait une véritable implication physique et mentale.
Cette expérience, selon lui, démontre l’importance de la préparation avant toute participation à une compétition internationale.
Yacine Myriam Coulibaly s’impose chez les vétérans 1
Autre satisfaction du camp ivoirien : Yacine Myriam Coulibaly, vainqueure dans la catégorie des vétérans 1. La randonneuse ivoirienne a réalisé une performance remarquée sur les 10 kilomètres, qu’elle affirme avoir parcourus en environ 1 heure 10 minutes. Une performance d’autant plus appréciable que le parcours gabonais présentait plusieurs difficultés.
« Malgré les dénivelés et les obstacles, j’ai pu me donner à fond », a-t-elle déclaré à l’issue de la compétition. La randonneuse a également comparé son temps réalisé au Gabon avec ses performances habituelles en Côte d’Ivoire, où elle évolue généralement sur des terrains plus plats.
Pour elle, le circuit proposé par les organisateurs gabonais a constitué une excellente occasion de tester ses capacités. Elle estime que la randonnée d’endurance peut se pratiquer sur différents types de terrains, y compris dans des environnements forestiers.
L’expérience vécue à Owendo a également permis de mettre en évidence le caractère international de la randonnée pédestre. Les échanges entre athlètes gabonais et ivoiriens ont permis aux participants de partager leurs expériences, leurs méthodes de préparation et leur conception de la compétition. La délégation ivoirienne, qui dispose déjà d’une certaine expérience dans ce domaine, a pu apporter son expertise aux côtés des responsables gabonais. Pour les athlètes gabonais, cette confrontation représente une opportunité importante de mesurer leur niveau et d’identifier les domaines dans lesquels des efforts supplémentaires doivent être consentis.
La Côte d’Ivoire domine, mais le Gabon gagne sur le plan stratégique
Sur le plan des résultats, le constat est sans appel : les représentants ivoiriens ont particulièrement dominé les différentes catégories. Avec plusieurs victoires individuelles, la Côte d’Ivoire s’est donc taillé la part du lion dans cette première édition. Mais pour le Gabon, le véritable enjeu se situait ailleurs. La compétition constituait avant tout une opération de détection destinée à permettre à la Fédération gabonaise de randonnée pédestre et du bien-être pour tous (FEGARAP ) d’identifier les meilleurs profils susceptibles de représenter le pays dans les prochaines échéances internationales.
Ainsi, les résultats obtenus par les Gabonais ne doivent pas uniquement être analysés sous l’angle des médailles et des classements. Chaque athlète a pu être observé dans des conditions réelles de compétition, face à des concurrents venus de l’extérieur. Cette expérience constitue donc une première base de travail pour la direction technique de la FEGARAP.
L’ambition affichée par les responsables gabonais en tête desquelles, Marius Mambanya, président de la FEGARAP est désormais de poursuivre le travail de détection et de préparation afin de constituer une véritable équipe nationale.
Les meilleurs éléments identifiés au cours de cette compétition devront être suivis, encadrés et préparés en vue des prochaines rencontres internationales. Pour une fédération encore jeune, cette démarche apparaît comme une étape importante dans la professionnalisation de la discipline. Le Gabon entend ainsi passer progressivement de la pratique de loisir et de bien-être à une pratique sportive structurée, avec des compétitions régulières, des catégories clairement définies et des athlètes capables de représenter le pays à l’extérieur.
L’appel des Ivoiriens au Gabon
Au-delà de la compétition, la délégation ivoirienne a également lancé une invitation aux randonneurs gabonais pour participer aux prochaines échéances africaines.
Yacine Myriam Coulibaly a notamment salué le niveau observé chez les participants gabonais, estimant que la compétition organisée à Owendo avait permis de découvrir des athlètes capables de progresser rapidement. Elle a encouragé la Fédération gabonaise à poursuivre ses efforts et à participer massivement aux prochaines compétitions internationales.
Cet appel apparaît comme une invitation à renforcer les relations sportives entre les deux pays. Les représentants ivoiriens ont également tenu à saluer l’accueil qui leur a été réservé au Gabon. Après avoir parcouru de longues distances pour prendre part à cette compétition, les athlètes ont apprécié les conditions d’accueil et l’ambiance qui a entouré leur séjour. Toutefois, les sportifs ivoiriens ont également exprimé le souhait que cette dynamique d’amitié et d’hospitalité puisse se poursuivre lors des déplacements des Gabonais en Côte d’Ivoire. Une manière de rappeler que le sport constitue également un outil de rapprochement entre les peuples.
Cette première édition de la randonnée d’endurance individuelle aura finalement permis de réunir plusieurs objectifs : promouvoir la randonnée pédestre, encourager la pratique sportive, renforcer les liens entre les fédérations africaines, confronter les athlètes à un niveau international et surtout permettre au Gabon de commencer à bâtir sa sélection nationale. Pour le Président de la FEGARAP, l’organisation de cette compétition représente donc une étape importante. Le chemin reste encore long pour atteindre le niveau des nations les plus expérimentées, mais les responsables gabonais disposent désormais d’une meilleure visibilité sur les forces et les faiblesses de leurs athlètes. La présence de la Confédération africaine de randonnée pédestre et du bien-être pour tous a également donné une dimension particulière à cette rencontre.
Le Gabon veut désormais faire retentir le vert-jaune-bleu
Au final, la Côte d’Ivoire a certes remporté la bataille des podiums, mais le Gabon sort également vainqueur sur le plan de la stratégie et de la construction de son projet sportif. La compétition d’Owendo aura permis de poser les premières pierres d’une sélection nationale appelée à défendre les couleurs du pays lors des prochaines échéances. L’objectif est désormais de poursuivre la formation, d’intensifier les entraînements, de multiplier les compétitions et d’offrir aux meilleurs randonneurs gabonais les conditions nécessaires pour progresser. Car derrière chaque tour effectué sur le circuit d’Owendo se dessine désormais une ambition plus grande, celle de voir émerger une génération de randonneurs capables de rivaliser avec les meilleurs du continent.
La Côte d’Ivoire a remporté plusieurs victoires individuelles. Le Gabon, lui, a gagné une expérience précieuse et identifié ses futurs représentants. Une première étape qui pourrait annoncer une nouvelle ère pour la randonnée pédestre gabonaise, avec l’ambition, à terme, de faire retentir fièrement l’hymne national et flotter le vert, le jaune et le bleu sur les podiums des prochaines compétitions internationales.