Le rideau est tombé sur la première édition du tournoi de football « Malinga Solidarité 2026 », une initiative parrainée par le vénérable sénateur Philippe Nzengue Mayila et destinée à rassembler la jeunesse autour des valeurs de fraternité, de solidarité et de cohésion. Pour cette première expérience, le ballon rond aura surtout servi de prétexte à une rencontre entre les fils et filles de Malinga, dans une ambiance marquée par la convivialité et le rapprochement. Au terme de la compétition, le FC Bayendé s’est imposé face au FC Kiakaye (2-1), inscrivant ainsi son nom comme premier vainqueur de l’histoire de « Malinga Solidarité ». Une victoire qui restera dans les annales de cette nouvelle compétition, mais dont la portée dépasse largement le résultat sportif. Pour les organisateurs, les responsables des équipes et les participants, cette première édition aura permis de poser les fondations d’un rendez-vous qui pourrait progressivement s’installer dans le calendrier sportif local.
Pendant plusieurs jours, le stade du Lycée de Malinga, malgré son état cabossé a été le théâtre des rencontres sportives, mais également d’échanges et de retrouvailles entre les populations.
Dans une localité où le football demeure l’une des principales activités capables de mobiliser toutes les générations, l’organisation de ce tournoi répondait à une volonté claire, celle de créer un cadre permettant aux jeunes de se retrouver autour d’une passion commune.
C’est précisément ce que retient Emmanuel Mangongo, coordinateur général du tournoi.
C’est d’ailleurs, ce dernier qui a donné le coup d’envoi en lieu et place du parrain, le vénérable sénateur Philippe Nzengue Mayila. Au moment de dresser le bilan de cette première édition, le responsable affiche sa satisfaction quant au déroulement de la compétition. Selon lui, les différentes étapes du tournoi se sont déroulées dans de bonnes conditions, avec une mobilisation qui a permis d’atteindre l’essentiel des objectifs fixés. Pour le coordinateur général, la réussite de cette première édition doit être appréciée à travers la capacité du tournoi à réunir les jeunes. L’objectif était notamment de « réunir tous les enfants du département, tous les enfants de la commune », explique-t-il en substance. Cette dimension rassembleuse constitue, à ses yeux, l’une des principales réussites de « Malinga Solidarité ». Le tournoi ne devait donc pas être considéré comme une simple compétition destinée à désigner un vainqueur. Il devait également servir de cadre de rapprochement entre les différentes composantes de la communauté. Si l’organisation se félicite de l’engouement suscité par la compétition, Emmanuel Mangongo reconnaît toutefois que cette première édition n’a pas encore permis d’intégrer l’ensemble des équipes du département. Cette situation s’explique, selon lui, par le caractère expérimental du tournoi. Les organisateurs devaient d’abord mesurer leurs capacités logistiques et organisationnelles avant d’envisager une ouverture beaucoup plus large.
Le coordinateur général tient d’ailleurs à écarter toute idée d’exclusion des équipes du département. « Ils n’ont pas été écartés », explique-t-il, en soulignant que l’organisation n’était simplement pas suffisamment préparée pour accueillir, dès cette première édition, toutes les équipes de la commune et du département. Cette limite est désormais perçue comme un enseignement pour l’avenir. L’ambition affichée est d’associer davantage de localités lors de la prochaine édition, notamment les villages situés dans le département. Le tournoi pourrait ainsi passer d’une compétition essentiellement communale à un véritable championnat de proximité à l’échelle départementale. L’expérience acquise au cours de cette première édition devrait donc permettre aux organisateurs de mieux préparer les prochaines échéances. Emmanuel Mangongo annonce déjà une réflexion visant à intégrer davantage d’équipes venues des différentes localités du département.
Cette ouverture permettrait notamment de répondre à certaines attentes exprimées par les populations qui n’ont pas pu prendre part à cette première édition. L’objectif serait alors de donner au tournoi une dimension plus inclusive, tout en conservant l’esprit initial qui repose sur la solidarité et la fraternité.
Pour les organisateurs, l’enjeu sera de trouver le juste équilibre entre la croissance de la compétition et la capacité à garantir de bonnes conditions d’organisation. Même sentiment chez Jean Blaise Dipoukou, président du comité d’organisation de cette première édition. Le responsable parle d’abord d’une expérience globalement satisfaisante, notamment au regard de la mobilisation enregistrée. « Le sentiment qui se dégage, c’est d’abord un sentiment de satisfaction parce que tout le monde a répondu présent », souligne-t-il. Mais le président du comité d’organisation reste lucide sur les difficultés inhérentes à une première édition. Pour lui, il ne serait pas réaliste d’attendre une organisation parfaite dès la première expérience. « L’œuvre humaine n’est pas parfaite », rappelle-t-il, estimant que les éventuelles insuffisances constatées devront servir de base de travail pour améliorer l’organisation lors des prochaines éditions. Cette démarche d’autocritique est présentée comme une nécessité pour faire progresser la compétition.
Du tournoi communal vers une compétition départementale
L’un des principaux enseignements tirés de cette première édition est justement la nécessité d’élargir progressivement le tournoi. Jean Blaise Dipoukou envisage ainsi la possibilité d’intégrer, dès l’année prochaine, plusieurs villages du département. Une telle évolution permettrait d’offrir à davantage de jeunes l’occasion de participer à une compétition structurée, mais aussi de créer un espace de rencontre entre différentes communautés. Le projet est donc appelé à prendre de l’ampleur. L’ambition affichée est de mettre à profit toute la période précédant la prochaine édition pour améliorer les différents aspects de l’organisation : préparation des équipes, calendrier des rencontres, mobilisation des acteurs locaux et participation des différentes localités. Au-delà du tournoi « Malinga Solidarité », Jean Blaise Dipoukou pose également un diagnostic sur la situation actuelle du football dans la localité. Selon lui, le football à Malinga traverse une période de reconstruction. « Nous sommes en train de renaître », estime-t-il, faisant référence à la disparition progressive de certaines anciennes figures et équipes qui avaient marqué la pratique du football local. Cette situation oblige, selon lui, les acteurs actuels à repartir sur de nouvelles bases. « Les grands noms sont tous partis. Nous sommes en train de tout recommencer à zéro », explique-t-il. Dans ce contexte, la création d’initiatives comme « Malinga Solidarité » pourrait contribuer à redynamiser la pratique du football, particulièrement auprès des jeunes.
L’objectif n’est donc pas uniquement de créer une compétition ponctuelle, mais de participer à la reconstruction progressive d’un environnement sportif local. Sur le plan strictement sportif, c’est le FC Bayendé qui a finalement tiré son épingle du jeu. Après avoir franchi les différentes étapes de la compétition, l’équipe s’est retrouvée en finale face au FC Kiakaye. Une rencontre qui aura permis de conclure cette première édition dans une ambiance particulièrement suivie. Le sacre du FC Bayendé représente une satisfaction particulière pour son encadrement technique, d’autant plus que l’équipe n’aurait pas bénéficié d’une préparation spécifique pour cette compétition. Son coach, Mbenga Ayou n’a d’ailleurs pas caché son émotion après la victoire. Il a tenu à remercier les organisateurs pour avoir permis aux différentes équipes de participer à cette expérience sportive. « Je suis très ému. Je suis très satisfait et content pour cette édition », a-t-il déclaré. Pour le technicien, cette victoire récompense surtout l’état d’esprit affiché par ses joueurs. L’autre dimension mise en avant par le coach du FC Bayendé, Mbenga Ayou concerne le caractère fraternel du tournoi. La compétition aura notamment permis à des personnes issues de milieux professionnels différents de se retrouver sur un même terrain. Le technicien a notamment insisté sur la participation de membres des forces de défense et de sécurité.
Son message est clair : le statut professionnel ne doit pas empêcher la participation à la vie communautaire. « Ce n’est pas parce qu’on est militaire que nous ne sommes pas dans des familles. Nous sommes également des humains. Nous avons des familles », rappelle-t-il. Pour lui, le tournoi a ainsi permis de créer un espace où chacun pouvait simplement se retrouver comme membre de la communauté. Les différences d’origine géographique ne devraient pas non plus constituer un obstacle. « Nous sommes tous Gabonais », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité de préserver les liens entre les populations. Le capitaine du FC Bayendé, Abessolo partage cette lecture. Pour lui, le sacre représente d’abord un sentiment de satisfaction, mais également une forme de reconnaissance envers les organisateurs qui ont permis à son équipe de prendre part aux activités de la commune. « C’est un sentiment de satisfaction et une fierté de se sentir conviés dans les activités de la ville de Malinga », explique-t-il. Cette participation revêt également une dimension symbolique pour les joueurs. Alors que certains pourraient considérer les membres des forces de défense et de sécurité comme uniquement présents dans la localité pour des raisons professionnelles, le tournoi leur aura permis de montrer une autre facette de leur relation avec les populations. Le football devient alors un espace de dialogue et de rapprochement.
Le FC Kiakaye, battu mais optimiste
Face au FC Bayendé, le FC Kiakaye a dû se contenter de la deuxième place. Une défaite qui n’a toutefois pas entamé l’optimisme de son entraîneur, Borid Yoka. Le technicien préfère retenir les motifs d’espoir offerts par son jeune groupe. « Mon sentiment, c’est un sentiment de joie parce que j’ai une jeune équipe qui est en train de monter et qui pourra être demain une équipe d’espoir », estime-t-il. Pour lui, la prestation de ses joueurs constitue déjà une base intéressante pour la suite. « On a perdu, mais les enfants ont bien joué et vraiment je suis content », ajoute-t-il. Le coach estime que cette première édition aura surtout permis à ses joueurs d’acquérir de l’expérience et de se mesurer à d’autres équipes dans un cadre compétitif. Borid Yoka se montre également favorable à la poursuite de l’initiative portée par le sénateur Philippe Nzengue Mayila. Il souhaite que le tournoi soit reconduit régulièrement et qu’il puisse progressivement devenir un rendez-vous incontournable pour les amateurs de football de Malinga et du département.
« Je souhaiterais que cette initiative soit perpétuelle », plaide-t-il. Une demande motivée par la capacité du football à mobiliser les populations. À ses yeux, lorsqu’un match est organisé, ce sont plusieurs villages qui se retrouvent, les familles se déplacent et une véritable dynamique collective se crée autour du terrain. L’affluence observée lors de la finale en serait une illustration. La première édition de « Malinga Solidarité » a ainsi montré que le football peut jouer un rôle qui dépasse largement le cadre sportif. À travers les différentes rencontres, les organisateurs ont voulu promouvoir une certaine idée du vivre-ensemble. Les joueurs, les encadreurs, les responsables locaux et les populations ont été invités à partager un même espace autour d’une passion commune. Dans une commune où les activités sportives structurées restent encore limitées, une telle initiative peut constituer un levier important pour encourager les jeunes à pratiquer le sport et favoriser leur implication dans la vie communautaire.
Le tournoi a également permis de remettre le football au centre des échanges entre les différentes générations. En parrainant cette première édition, le vénérable sénateur Philippe Nzengue Mayila a ainsi accompagné une initiative dont les organisateurs souhaitent désormais faire une tradition. Si cette première édition a principalement concerné la commune, les prochaines pourraient prendre une dimension départementale. L’enjeu sera alors de maintenir l’esprit de solidarité qui a présidé à la création du tournoi tout en améliorant son organisation et son attractivité. Les organisateurs devront notamment travailler à une meilleure anticipation afin de pouvoir accueillir davantage d’équipes et permettre aux villages qui n’ont pas participé à cette première édition de rejoindre la compétition. Au terme de cette première expérience, les différents acteurs semblent finalement s’accorder sur l’essentiel : « Malinga Solidarité 2026 » a permis de créer une dynamique qu’il faudra désormais consolider. Le FC Bayendé repart avec le trophée de cette première édition, tandis que le FC Kiakaye peut se satisfaire d’avoir présenté une jeune équipe porteuse d’espoir. Les organisateurs, eux, repartent avec de nombreux enseignements et une ambition clairement affichée, celle de faire mieux lors de la prochaine édition. La volonté d’intégrer les villages du département constitue désormais l’un des principaux défis. Si cette ambition se concrétise, « Malinga Solidarité » pourrait progressivement dépasser le simple cadre d’un tournoi local pour devenir une véritable plateforme de rassemblement de la jeunesse du département.
Pour cette première édition, le pari était donc autant sportif qu’humain. Et à entendre les organisateurs comme les participants, le premier objectif semble avoir été atteint en faisant du football un outil de rapprochement, de solidarité et de fraternité entre les populations de Malinga.