Discours à la Nation : Oligui Nguema appelle à transformer l’indépendance politique en souveraineté économique, énergétique et sociale

À la veille de la célébration du 66e anniversaire de l’accession du Gabon à la souveraineté internationale, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, s’est adressé à la Nation dans un discours d’environ vingt-deux minutes. Une adresse solennelle au cours de laquelle le chef de l’État a revisité la portée historique de l’indépendance, dressé un bilan de l’action engagée depuis trois ans et présenté les principaux défis auxquels le Gabon doit désormais faire face. Devant les Gabonaises et les Gabonais, le président de la République a placé son intervention sous le signe de la responsabilité, de la vérité, de la souveraineté et de l’action. Loin de présenter une situation entièrement acquise, il a reconnu les difficultés qui persistent dans plusieurs secteurs, tout en défendant la dynamique de transformation engagée dans le pays. Au cœur de son message, celui de faire de l’indépendance politique proclamée en 1960 une souveraineté pleine et entière, également économique, énergétique, sociale, institutionnelle et humaine.

En ouverture de son discours, Brice Clotaire Oligui Nguema a rendu hommage au premier président de la République gabonaise, Léon Mba, en rappelant les paroles historiques prononcées au moment de la proclamation de l’indépendance. Le 17 août 1960, Léon Mba déclarait notamment, en invoquant Dieu et au nom du peuple gabonais, l’indépendance de la République gabonaise. Pour l’actuel chef de l’État, cette déclaration ne représente pas uniquement la naissance juridique d’un nouvel État. Elle a également permis au Gabon de faire flotter son drapeau vert, jaune et bleu dans le concert des nations et d’affirmer le droit de son peuple à décider librement de son destin. Soixante-six ans après cet acte fondateur, le président estime que l’heure est venue de donner une nouvelle dimension à cet héritage. « L’indépendance n’est jamais définitivement acquise. Elle se protège. Elle se consolide. Elle se démontre chaque jour », a-t-il affirmé. Cette indépendance doit, selon lui, se mesurer à la capacité du pays à disposer d’institutions fortes, à prendre librement ses décisions, à former ses enfants, à produire son énergie, à développer ses infrastructures et à défendre partout les intérêts du peuple gabonais.

Une célébration placée sous le signe de la refondation

Pour le président Oligui Nguema, le 66e anniversaire de l’indépendance doit être davantage qu’une commémoration historique. Il doit constituer l’expression d’une ambition collective, celle de refonder le Gabon afin de le mettre à la hauteur des exigences de son époque. Cette vision suppose, selon lui, que l’État soit capable de regarder la réalité en face, sans dissimuler les progrès accomplis ni les difficultés rencontrées. « Un État responsable regarde la réalité en face, dit la vérité à son peuple et agit », a-t-il souligné.
Cette déclaration traduit la volonté affichée par le chef de l’État de présenter son action dans une logique de résultats plutôt que de simples annonces. Depuis trois ans, a-t-il rappelé, le Gabon cherche à restaurer pleinement sa voix et sa place dans le concert des nations. Le chef de l’État a consacré une partie importante de son intervention à la diplomatie gabonaise. Depuis son arrivée à la magistrature suprême, il affirme avoir multiplié les contacts avec des partenaires d’Afrique, d’Europe, des Amériques et d’Asie.

Cette offensive diplomatique poursuit plusieurs objectifs tel que rétablir la confiance, renforcer la crédibilité internationale du Gabon, attirer les investissements et obtenir des partenariats susceptibles de produire des retombées concrètes pour les populations. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, ces déplacements ne doivent pas être interprétés comme de simples visites protocolaires. « Nous n’y sommes pas allés pour sacrifier au protocole, ni pour rechercher des applaudissements. Nous y sommes allés pour faire valoir les intérêts du Gabon », a-t-il expliqué. Le président a notamment évoqué des accords d’investissement stratégique, la modernisation des infrastructures, la consolidation des finances publiques et l’accompagnement de la transformation de l’économie nationale. Il a cependant insisté sur la nécessité de préserver l’indépendance du pays dans ses relations extérieures. Le Gabon, a-t-il affirmé, respecte ses partenaires, mais l’intérêt supérieur de la Nation doit toujours prévaloir. Ainsi, le chef de l’État souhaite voir se développer des relations fondées sur des partenariats « d’égal à égal », plutôt que sur une quelconque dépendance.

Vers une indépendance économique

Cette vision diplomatique s’inscrit dans une ambition plus large, celle de renforcer l’indépendance économique du Gabon. Pour le président de la République, la souveraineté politique acquise en 1960 doit aujourd’hui être complétée par une capacité accrue à produire, transformer, investir et créer des emplois. La coopération internationale doit donc accompagner la transformation de l’économie nationale et contribuer à améliorer concrètement les conditions de vie des Gabonaises et des Gabonais. Cette orientation constitue l’un des principaux axes du discours présidentiel : faire de la souveraineté non seulement une notion politique, mais une réalité vécue dans la vie quotidienne. Dans le domaine des infrastructures, le président de la République a dressé la liste de plusieurs réalisations et projets engagés depuis son accession au pouvoir. Il a notamment cité le Palais des congrès Omar Bongo Ondimba, la réhabilitation du mémorial Léon Mba, l’esplanade Georges Damas Aleka, la Cité administrative Émeraude, l’Hôtel des Affaires étrangères, la Maison Jean Ping, l’état-major de la Marine nationale et celui des sapeurs-pompiers.

À ces projets s’ajoutent les travaux routiers ainsi que plusieurs infrastructures sanitaires, notamment les centres de santé de la Peyrie et de Bikélé. Pour le président, ces ouvrages constituent des marqueurs visibles de la transformation du pays. La célébration de l’Indépendance de cette année devait d’ailleurs, selon lui, illustrer cette nouvelle approche. Contrairement aux célébrations limitées principalement aux cérémonies officielles et à la parade militaire, la fête nationale s’étend désormais sur plusieurs jours et doit également servir à mettre en valeur les infrastructures réalisées. Le chef de l’État y voit une manière de rendre visibles, aux yeux de la population et des visiteurs étrangers, les engagements pris dans le cadre de la refondation du Gabon.

La dynamique doit désormais être accélérée

Malgré les réalisations évoquées, Brice Clotaire Oligui Nguema a appelé à ne pas relâcher les efforts. « La dynamique est enclenchée », a-t-il déclaré. Mais cette dynamique, selon lui, ne doit être freinée ni par la bureaucratie, ni par l’inertie administrative, ni par les mauvaises habitudes, encore moins par les intérêts particuliers. Le président a ainsi appelé l’administration à davantage de rigueur dans la conduite des projets publics. Les délais doivent être contrôlés, la qualité des travaux doit être exigée et les responsables doivent rendre compte de la gestion des projets. Cette exigence de résultats constitue l’un des messages forts de l’adresse présidentielle. La modernisation du Gabon doit également contribuer à renforcer l’attractivité touristique et économique du pays. Dans ce cadre, le président a insisté sur la nécessité de développer les capacités hôtelières. Pour lui, ce secteur représente une source importante d’opportunités économiques et d’emplois, notamment pour la jeunesse. Il a donc appelé les entrepreneurs, les établissements de formation et les professionnels du secteur à se mobiliser afin de former les jeunes aux métiers de l’hôtellerie, de la restauration, de l’accueil et du service. Le président de la République a insisté sur la nécessité de donner à la jeunesse les compétences, la discipline et le savoir-faire nécessaires pour devenir les ambassadeurs de l’excellence gabonaise.

Dans cette perspective, l’Université polyvalente du Cap-Estérias devrait jouer un rôle important. Le chef de l’État a annoncé la poursuite de son achèvement et indiqué qu’une partie de ses programmes sera consacrée aux métiers liés à l’hôtellerie et aux services. Il a également assuré que les dispositions nécessaires étaient prises pour permettre une rentrée effective au cours de la prochaine année universitaire. L’un des passages les plus significatifs du discours présidentiel a porté sur la fourniture de l’eau et de l’électricité. Brice Clotaire Oligui Nguema a reconnu que la situation demeure difficile pour une partie importante de la population. « La situation vécue par de nombreux ménages n’est pas acceptable », a-t-il reconnu. Le chef de l’État a dit connaître les coupures d’électricité et les difficultés d’approvisionnement en eau auxquelles sont confrontées les familles, les commerçants et les entreprises. Il a également reconnu les conséquences économiques de ces dysfonctionnements.
Selon lui, les efforts doivent désormais porter prioritairement sur les réseaux de transport et de distribution. Produire davantage ne suffit pas si les infrastructures permettant d’acheminer l’eau et l’électricité restent fragiles, saturées ou insuffisamment entretenues. Le président a donc annoncé une attention accrue à ces infrastructures.

Un appel au civisme dans la gestion des services essentiels

Dans le même temps, le chef de l’État a appelé les citoyens à prendre leur part de responsabilité. Il a dénoncé certains comportements susceptibles de fragiliser les réseaux et les services publics : sabotage, non-paiement des factures, laxisme et autres actes d’incivisme. Ces comportements, selon lui, peuvent avoir des conséquences directes sur les familles, les entreprises et l’économie nationale. Le président a ainsi appelé à une mobilisation collective autour de la préservation des infrastructures publiques. Il a également annoncé l’ouverture du secteur du transport et de la distribution de l’eau et de l’électricité à des acteurs capables d’investir, d’innover et de respecter les obligations du service public. Il a lancé un appel direct aux investisseurs : « Positionnez-vous sur ce marché stratégique. » L’éducation a également occupé une place importante dans cette adresse à la Nation. Le président s’est félicité de l’augmentation du nombre d’admis aux examens de fin de cycle, y voyant un signe de vitalité et d’espoir pour la jeunesse gabonaise. Mais cette évolution pose également de nouveaux défis.

L’augmentation du nombre de jeunes admis aux différents examens entraîne mécaniquement une pression supplémentaire sur les capacités d’accueil des établissements scolaires et universitaires. Le Gabon doit donc anticiper et renforcer son système éducatif. Le président a également évoqué l’évolution des politiques d’accueil des étudiants étrangers dans plusieurs pays occidentaux.
Pour lui, le Gabon ne doit pas subir ces changements. La réponse doit être une stratégie nationale visant à renforcer les universités gabonaises, à développer les meilleures formations possibles et à orienter davantage les étudiants vers les établissements d’excellence du continent africain. Le chef de l’État a délivré un message particulièrement fort à la jeunesse : « L’Afrique ne doit pas être un choix par défaut. Elle doit être un espace de savoir, d’innovation et d’avenir. » Il invite ainsi les jeunes Gabonais à considérer davantage les possibilités offertes par les universités africaines. L’objectif est également de former au Gabon et en Afrique les compétences dont le pays aura besoin demain.

Aux jeunes diplômés : ne pas céder au découragement

S’adressant directement aux jeunes diplômés, le président de la République a appelé à la persévérance. Il a rappelé que l’obtention d’un diplôme ne constitue pas une finalité, mais le début d’une nouvelle responsabilité. Le jeune diplômé doit, selon lui, apprendre, créer, entreprendre, bâtir et servir la Nation. Face aux difficultés d’insertion professionnelle, le chef de l’État a appelé les jeunes à ne pas céder au découragement. La persévérance, a-t-il insisté, doit permettre de surmonter les obstacles et de construire progressivement une carrière et un avenir. Le président a également abordé l’ambition du Gabon d’accueillir un prochain sommet de l’Union africaine. Pour Libreville, un tel rendez-vous représenterait une opportunité considérable de renforcer son positionnement comme capitale politique et diplomatique. Mais le président refuse d’en faire une simple opération de prestige. Si le Gabon accueille une telle rencontre, a-t-il expliqué, le pays devra démontrer sa stabilité, son organisation, son professionnalisme et son hospitalité. L’ensemble des citoyens devra donc contribuer à l’image de la capitale.

Sur cette question, Brice Clotaire Oligui Nguema a insisté sur la nécessité de renforcer le civisme. Pour lui, celui-ci ne doit pas être un simple slogan politique.
Il commence devant chaque maison, dans chaque quartier et dans chaque espace public. Entretenir son environnement, embellir son habitation, respecter les espaces communs et contribuer à la salubrité sont autant de comportements qui participent à l’image du Gabon. Le président a également ciblé les propriétaires d’immeubles et de chantiers abandonnés. Il leur a demandé d’assumer leurs responsabilités et d’achever leurs travaux dans les délais qui seront fixés par les autorités après les mises en demeure nécessaires.

Des mesures envisagées contre les chantiers abandonnés

Le chef de l’État a prévenu que l’État pourrait intervenir lorsque des sites durablement abandonnés portent atteinte à la sécurité, à la salubrité publique ou à l’image de Libreville. Il a cependant insisté sur la nécessité d’agir dans le respect de la Constitution et du droit de propriété. Des mesures normatives pourraient ainsi permettre, dans les conditions prévues par le droit, la réquisition de certains sites pour cause d’utilité publique. À travers cette annonce, le président entend donner un signal fort concernant l’aménagement urbain et la transformation de la capitale. Dans son adresse, le président de la République a également tenu à saluer les forces de défense et de sécurité. Il a reconnu leur professionnalisme et leur engagement quotidien dans la protection du territoire national. Il les a présentées comme le « rempart silencieux de notre souveraineté ».

Sur les frontières comme à l’intérieur du pays, les forces de défense et de sécurité doivent garantir la stabilité nécessaire au développement national. Le chef de l’État a ainsi salué les hommes et les femmes qui assument cette mission au quotidien, de jour comme de nuit. Les Gabonais vivant à l’étranger ont également été intégrés à la vision présidentielle. Brice Clotaire Oligui Nguema les a invités à participer davantage au rayonnement du Gabon et à mettre leurs compétences, leurs projets et leurs investissements au service du développement national. Pour lui, la distance géographique ne doit pas constituer une rupture avec la Nation. « Être Gabonais, où que l’on se trouve, c’est honorer un héritage commun », a-t-il rappelé. Le gouvernement poursuivra, selon lui, les réformes destinées à renforcer l’attractivité du pays, sa gouvernance et sa stabilité afin de permettre à ceux de la diaspora qui souhaitent investir ou entreprendre au Gabon de trouver un environnement favorable.

Une nouvelle mission pour une nouvelle génération

Dans la dernière partie de son discours, le président de la République a donné à son intervention une dimension générationnelle.
En 1960, a-t-il rappelé, les anciens ont obtenu l’indépendance politique et permis au Gabon d’occuper sa place parmi les nations. En 2026, la génération actuelle doit accomplir une autre mission, celle de donner à cette indépendance toute sa force économique, sociale, énergétique et humaine. Cette nouvelle étape passe, selon lui, par la capacité du Gabon à produire son énergie, protéger ses ressources, construire ses infrastructures, former ses enfants et offrir à sa jeunesse des raisons de croire en l’avenir. Le président a ainsi appelé les Gabonais à considérer la transformation du pays comme une responsabilité collective.
« Nous ne reculerons pas » Brice Clotaire Oligui Nguema a reconnu que tout n’est pas encore achevé. Il n’a pas non plus promis un chemin facile. Mais il a assuré que l’État poursuivra son action avec méthode et fermeté. Les retards devront être corrigés, les fautes devront être examinées et les responsabilités établies lorsque l’intérêt national sera en jeu. « Là où il y aura des retards, nous exigerons des corrections. Là où il y aura des fautes, les responsabilités devront être établies. Là où l’intérêt national sera en jeu, nous ne reculerons pas », a-t-il affirmé.

Une déclaration qui résume la tonalité générale de son intervention : celle d’un président qui veut inscrire son action dans la durée, accélérer la transformation du pays et faire de la souveraineté un principe concret de gouvernance. Au terme de cette adresse à la Nation, le président de la République a appelé les Gabonaises et les Gabonais à rester mobilisés autour de l’objectif de redressement national.
Pour lui, chaque génération reçoit une mission historique. Après la conquête de l’indépendance politique par les générations précédentes, celle d’aujourd’hui doit désormais refonder, moderniser, transformer et bâtir le Gabon. Le travail, la discipline, la justice, la responsabilité et la recherche de la prospérité doivent constituer, selon le chef de l’État, les fondements de cette nouvelle étape. Le discours s’est achevé par un message de confiance dans l’avenir et un appel à l’unité nationale. « Fidèles à notre histoire et confiants dans notre avenir, nous poursuivons le redressement de notre pays », a déclaré Brice Clotaire Oligui Nguema, avant de placer le Gabon sous la protection de Dieu et des ancêtres. Le chef de l’État a ensuite conclu son allocution par trois formules fortes : « Vive la Cinquième République ! Vive le Gabon uni, souverain et prospère ! Bonne fête de l’Indépendance à toutes et à tous ! » À travers cette adresse, le président de la République a donc voulu faire du 66e anniversaire de l’indépendance non seulement un moment de mémoire, mais également un rendez-vous avec l’avenir. Un avenir qu’il souhaite construire autour d’un Gabon davantage souverain, mieux équipé, mieux formé, plus attractif et capable de transformer ses ressources et ses potentialités en progrès concret pour ses populations.

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