Au lendemain de l’installation des responsables des cellules de base de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) dans la commune de Malinga, la sérénité que souhaitait afficher la jeune formation politique est quelque peu troublée par la sortie publique de Victor M’Winga. Enseignant retraité, ancien maire de Malinga et figure politique bien connue dans le département de la Louetsi-Bibaka, il a adressé une longue correspondance au Secrétaire général de l’UDB afin de demander les raisons du refus de son adhésion au parti. Dans cette lettre, rédigée sur un ton à la fois respectueux et critique, Victor M’Winga affirme ne pas comprendre pourquoi sa demande d’adhésion n’a pas été prise en compte alors qu’il assure avoir fait le choix de rejoindre très tôt l’Union Démocratique des Bâtisseurs.
L’ancien élu explique qu’il avait quitté le Parti Démocratique Gabonais (PDG) environ six mois avant la confirmation officielle de l’UDB. Selon lui, cette démission traduisait sa volonté de prendre part à la nouvelle dynamique politique impulsée par le président de la République, , et d’accompagner les réformes engagées depuis la Transition.
Victor M’Winga affirme avoir transmis sa demande d’adhésion par l’intermédiaire de Guy Fulbert Mabéghan, présenté comme commissaire communal de l’UDB. Toutefois, il indique n’avoir jamais reçu de réponse officielle. Plus encore, il raconte avoir découvert avec étonnement, lors de la cérémonie d’installation des responsables des cellules de base à Malinga, que son nom ne figurait sur aucune liste des militants retenus pour exercer des responsabilités. Pour l’ancien maire, cette situation dépasse largement son cas personnel. Elle pose, selon lui, la question de la gouvernance locale du parti et de la méthode utilisée pour désigner les responsables de base. Dans sa lettre, il s’interroge notamment sur la légitimité de certaines personnes investies. Il estime que plusieurs responsables auraient été désignés sans consultation réelle des populations locales, alors que celles-ci connaissent parfaitement les parcours, les compétences et l’engagement de chacun.
Victor M’Winga considère qu’un responsable politique ne devrait pas être choisi sur la seule base de nominations. À ses yeux, la démocratie interne exige que les militants ou les populations concernées puissent donner leur avis sur les personnes appelées à représenter le parti dans leurs localités.
Il va plus loin en affirmant que des enquêtes de moralité et de réputation devraient précéder toute nomination afin de garantir que les personnes retenues bénéficient réellement de la confiance des habitants. Selon lui, les critères ayant conduit aux récentes désignations demeurent incompréhensibles pour de nombreux militants de Malinga. Il affirme que plusieurs citoyens se demandent pourquoi certaines personnalités expérimentées ont été écartées au profit de personnes disposant d’une influence plus limitée. Dans son courrier que notre rédaction à reçu copie, Victor M’Winga n’hésite pas à dénoncer ce qu’il qualifie de « cacophonie » dans la gestion des implantations locales du parti. Il estime que cette manière de procéder risque d’affaiblir la crédibilité de l’UDB dans une commune où de nombreux habitants souhaitent pourtant adhérer au projet politique porté par le chef de l’État. L’ancien responsable politique s’interroge également sur la situation du bureau communal mis en place. Selon lui, celui-ci ne refléterait pas suffisamment les réalités politiques locales ni les équilibres existants au sein de la commune. Afin d’étayer sa démarche, Victor M’Winga rappelle le parcours qu’il a effectué au service de l’État et des collectivités locales.
Il indique avoir occupé successivement les fonctions de secrétaire général de la collectivité rurale de Mbigou en représentation de Malinga, député suppléant, premier président de l’Assemblée départementale de la Louetsi-Bibaka durant neuf années, avant d’être élu maire titulaire de la commune de Malinga pendant cinq ans. À travers ce rappel, il souhaite démontrer que son expérience politique et administrative constitue un atout pour le développement du parti dans la commune. Il souligne également que son passage à la tête des collectivités a permis la réalisation de plusieurs actions sociales dont les effets seraient encore visibles aujourd’hui. Sans vouloir, dit-il, céder au « pédantisme », il affirme bénéficier toujours de l’estime d’une importante partie de la population de Malinga. Victor M’Winga insiste également sur sa situation personnelle. Enseignant retraité vivant dans sa commune, il explique disposer d’une stabilité financière lui permettant d’organiser des réunions, de recevoir les militants et de contribuer activement à l’implantation de l’UDB. Selon lui, son expérience de terrain et sa proximité avec les habitants représentent des atouts susceptibles de favoriser l’adhésion de nouveaux militants au parti.
Au-delà de sa propre situation, il exprime également ses inquiétudes concernant l’avenir politique de Malinga. Il évoque les divergences existantes entre certains ressortissants de la commune et le long du département installés à Libreville et ceux vivant sur place, estimant que ces rivalités pourraient freiner le développement de la localité et détourner les investissements destinés au département. Victor M’Winga rappelle le rôle stratégique de Malinga, située à proximité de la frontière avec la République du Congo Brazzaville. Il estime que cette position géographique mérite une attention particulière des pouvoirs publics et que les responsables politiques locaux devraient travailler dans l’intérêt exclusif des populations. Malgré les critiques formulées, l’ancien maire tient à réaffirmer son attachement aux idéaux de l’Union Démocratique des Bâtisseurs. Il assure partager pleinement la vision du président de la République visant à construire un Gabon plus moderne, plus juste et plus prospère.
Dans cette perspective, il sollicite officiellement le Secrétaire général de l’UDB afin que son adhésion soit régularisée directement au niveau national. Selon lui, cette décision permettrait non seulement de réparer ce qu’il considère comme une injustice, mais aussi de renforcer la présence du parti dans la commune de Malinga grâce à son expérience et à son réseau. Par cette correspondance, Victor M’Winga ouvre ainsi un débat sur les méthodes d’organisation des nouvelles structures locales de l’UDB. Alors que le parti poursuit son implantation à travers le territoire national, cette interpellation pourrait nourrir la réflexion sur la nécessité de concilier rapidité de déploiement, transparence des procédures et prise en compte des réalités locales afin de préserver l’unité des militants et de consolider durablement l’ancrage du parti sur le terrain.