Libre propos, Dr Aristide Mamfoumbi : LE GABON, UNE SUCCURSALE FINANCIÈRE DE LA FRANCE ? LEVÉE DE VOILE SUR DES ACCORDS COLONIAUX ENCORE ACTIF

Alors que des enfants gabonais apprennent encore sous les arbres, que nos hôpitaux sont privés de médicaments élémentaires, et que de nombreuses routes se transforment en pièges mortels à chaque saison des pluies, il est urgent de poser une question : où va réellement l’argent du Gabon ?

Derrière la façade de la coopération franco-gabonaise, des accords coloniaux signés depuis les années 1960 continuent d’étrangler les ressources de notre pays. Ce sont des accords dits « de coopération monétaire », mais qui, dans les faits, font de la France un banquier impérial, et du Gabon, un client captif.

LE CFA : UN OUTIL DE DOMINATION SILENCIEUSE

Le Franc CFA, utilisé au Gabon, est contrôlé par le Trésor public français. En vertu des accords signés à l’indépendance, le Gabon est obligé de déposer 50 % de ses réserves de change dans un compte d’opérations logé au Trésor français, à Paris.

Autrement dit, notre richesse nationale est stockée en France, sous le contrôle de la Banque de France, et toute décision d’utilisation passe par une validation extérieure.

En 2024 encore, le Gabon ne peut émettre de la monnaie, ni accéder pleinement à ses propres réserves, sans l’approbation de Paris.

COMBIEN LA FRANCE GAGNE-T-ELLE VRAIMENT ?

Les montants sont difficilement accessibles, car les accords sont entourés de clauses de confidentialité, dignes d’un pacte occulte. Mais selon plusieurs économistes africains et rapports indépendants :

La zone franc rapporte des milliards d’euros à la France chaque année, à travers les intérêts sur les réserves africaines et la stabilité monétaire qu’elle assure à l’euro grâce à nos devises.

Le Gabon contribue indirectement à ce système par ses recettes pétrolières, forestières et minières, dont une bonne partie transite par des multinationales françaises bénéficiant de conditions fiscales avantageuses.

On estime que plus de 300 milliards de francs CFA quittent l’Afrique centrale chaque année pour alimenter les circuits financiers français.

LE SILENCE POLITIQUE : UN CONSENTEMENT DÉGUISÉ ?

Pourquoi nos dirigeants n’en parlent-ils jamais ? Parce qu’une partie des élites est cooptée. Elles reçoivent des soutiens politiques, des postes internationaux ou des faveurs discrètes, à condition de ne jamais remettre en cause ces accords coloniaux.

En contrepartie du silence, les peuples, eux, payent le prix fort : chômage massif, exode des cerveaux, pauvreté structurelle.

CE QUE LE PEUPLE DOIT SAVOIR ET EXIGER

Le peuple gabonais a le droit de savoir que :

1. Le Gabon n’est pas libre économiquement.

2. Nos ressources sont garanties à l’ancienne puissance coloniale, sans transparence ni retour équitable.

3. L’avenir des générations futures est compromis si nous ne rompons pas avec ce système injuste.

SORTIR DE L’OMBRE, ENTRER DANS LA SOUVERAINETÉ

Les pratiques occultes issues de la colonisation ne sont pas de l’histoire ancienne. Elles sont vivantes, actives, et organisées. Mais ce qui a été signé peut être renégocié. Ce qui a été accepté dans le silence peut être rejeté dans la lumière.

Le peuple gabonais doit réclamer un audit des accords franco-gabonais, l’arrêt du pillage organisé de nos ressources, et la reconquête de sa souveraineté monétaire.

Il est temps que le Gabon cesse d’être une succursale financière et redevienne une Nation digne, maîtresse de son destin.

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