Vers un Parti Présidentiel : Le Député Dioumy Moubassango Relance le Débat

Alors que la rumeur enfle autour de la possible création d’un parti politique porté par le chef de l’État gabonais, le député de la transition, Dioumy Moubassango, a pris la plume pour faire entendre sa voix. Dans une tribune publiée ce midi 10 juin 2025, l’élu plaide avec vigueur pour la mise en place d’un parti présidentiel, estimant que cela constituerait une réponse politique adaptée au contexte post-électoral et aux enjeux de gouvernance de la 5e République.

Moubassango revient d’abord sur la victoire écrasante de Brice Clotaire Oligui Nguema à l’élection présidentielle du 12 avril dernier, avec 94,35 % des suffrages exprimés. Pour le député, ce score, loin d’ôter la nécessité d’un appareil politique structuré, reflète au contraire un niveau d’attentes inédit dans l’histoire récente du pays. Il insiste sur le fait que ce plébiscite est le fruit d’une double dynamique : le rejet du régime Bongo et l’adhésion populaire aux premières actions de la transition menée par Oligui Nguema.

L’argument principal de Moubassango repose sur l’instabilité potentielle du lien entre le peuple et ses dirigeants, qu’il compare aux conversions religieuses, « rapides et volatiles ». Pour éviter les déconvenues et affronter plus sereinement les vagues de critiques futures comme celles sur l’affaire des îles Mbanié ou les déguerpissements à Pleine-Orety, un parti présidentiel offrirait selon lui un socle de soutien politique stable, capable de prendre publiquement position aux côtés du chef de l’État.

Un instrument de pédagogie et de structuration politique

L’élu insiste également sur le rôle pédagogique que pourrait jouer un parti présidentiel. Il serait, selon lui, le chaînon manquant entre les grandes orientations présidentielles, la mise en œuvre des politiques publiques et la compréhension citoyenne des réformes entreprises. « Réformer un pays nécessite du temps », martèle-t-il, plaidant pour un parti capable d’éduquer les masses à la patience et au pragmatisme.

Dans un ton plus critique, Moubassango dénonce les alliances opportunistes au sein de majorités dites présidentielles, qu’il considère comme déconnectées des réalités électorales et souvent motivées par des intérêts personnels. Il craint que le président, jeune et encore vulnérable politiquement, ne se retrouve otage de ces partis aux ambitions divergentes. « Je ne crois pas aux majorités présidentielles dans le contexte actuel », tranche-t-il, avant d’ajouter que seule la création d’un parti propre au président garantirait une ligne politique claire et autonome.

Enfin, le député de la transition critique la confusion des dernières années entre majorité et opposition, souvent nourrie par des formations politiques alimentées par les mêmes ressources et les mêmes réseaux. Pour lui, un parti présidentiel contribuerait à clarifier les rôles sur l’échiquier national, tout en stimulant l’émergence de nouvelles élites politiques issues d’une compétition interne renouvelée.

« En plus d’être un avis, c’est une forte conviction« , conclut Dioumy Moubassango, tout en se disant prêt à observer l’évolution des événements. Le débat est désormais lancé, et au regard des tensions et des incertitudes de la transition, la proposition pourrait bien résonner au sein des cercles décisionnels.

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