Malinga : au-delà du tournoi « Malinga Solidarité », Marcel Bipecka tire la sonnette d’alarme sur le football local

À l’issue de la première édition du tournoi «Malinga Solidarité », le président de la sous-ligue de football de la Louetsi-Bibaka, Marcel Bipecka, a profité de cette tribune pour attirer l’attention sur les difficultés de fonctionnement de la structure locale, mais aussi sur le déficit criant d’infrastructures sportives dans le chef-lieu du département.

La première édition du tournoi « Malinga Solidarité » aura certes été placée sous le signe de la compétition, de la jeunesse et du vivre-ensemble, mais elle a surtout permis de mettre en lumière une réalité que les responsables du football local connaissent depuis plusieurs années. À Malinga, la passion pour le football est bien présente, mais les conditions nécessaires à son développement restent insuffisantes. Organisé avec le soutien et le parrainage du vénérable sénateur Philippe Nzengue Mayila, ce tournoi a permis aux jeunes de la localité de se retrouver autour du ballon rond et de renouer avec une certaine dynamique sportive. Au terme de la compétition, les regards se sont toutefois tournés vers l’après-tournoi et, surtout, vers les conditions dans lesquelles le football doit continuer à vivre dans le département de la Louetsi-Bibaka. C’est dans ce contexte que le président de la sous-ligue départementale, Marcel Bipecka, a pris la parole. S’il s’est réjoui de l’organisation de cette première édition, il n’a pas caché ses préoccupations quant au fonctionnement de la structure dont il a la charge. Avant d’aborder les difficultés auxquelles fait face la sous-ligue, Marcel Bipecka a tenu à saluer l’esprit ayant entouré le tournoi. Pour lui, au-delà des rivalités sportives, les rencontres organisées à Malinga doivent permettre de renforcer les liens entre les populations. Le football est ainsi perçu comme un outil de rapprochement, particulièrement dans une localité où les initiatives collectives demeurent essentielles. Le président de la sous-ligue a ainsi insisté sur la nécessité de préserver cet esprit de solidarité. « Nous sommes unis, nous sommes des parents avant tout », a-t-il rappelé en substance. Une manière de souligner que le sport, à Malinga, ne doit pas être considéré comme une simple activité de compétition. Il peut également contribuer au rapprochement des générations, à l’encadrement de la jeunesse et au renforcement de la cohésion sociale.
Le tournoi « Malinga Solidarité » constitue, à ses yeux, une illustration de cette volonté de rassembler les populations autour d’un objectif commun. Mais cette dynamique, estime-t-il, ne pourra véritablement produire ses effets que si elle bénéficie d’un accompagnement plus important.

C’est sur ce point que le président de la sous-ligue a décidé de tirer la sonnette d’alarme. Marcel Bipecka affirme avoir, à plusieurs reprises, alerté sa hiérarchie sur les difficultés rencontrées par la structure départementale. Des correspondances auraient notamment été adressées aux responsables compétents afin de solliciter un accompagnement permettant à la sous-ligue de fonctionner normalement. Mais, selon lui, ces démarches n’auraient pas encore permis d’obtenir les réponses attendues. Le responsable sportif déplore notamment le manque de moyens permettant d’assurer convenablement les activités de la sous-ligue et de répondre aux sollicitations liées aux différentes compétitions. Cette situation devient particulièrement problématique lorsque des compétitions provinciales sont programmées. Le président évoque ainsi des correspondances relatives à des championnats, notamment dans les catégories féminine et masculine, pour lesquels la sous-ligue doit être en mesure de représenter le département. Or, sans moyens financiers, matériels et logistiques suffisants, la participation à ces compétitions devient difficile. Pour Marcel Bipecka, le problème ne réside pas dans l’absence de volonté. La volonté existe, affirme-t-il. Les joueurs sont présents, les jeunes souhaitent pratiquer, les responsables locaux tentent d’organiser des activités et les populations répondent lorsqu’une initiative est lancée. Ce qui fait défaut, selon lui, ce sont surtout les moyens permettant de transformer cette volonté en résultats durables. Une sous-ligue ne peut en effet se limiter à exister sur le papier. Elle doit pouvoir organiser des compétitions, accompagner les clubs, encadrer les jeunes joueurs, participer aux compétitions provinciales et assurer un minimum de suivi administratif et sportif. Sans ressources adaptées, toutes ces missions deviennent difficiles à remplir. C’est pourquoi le président de la sous-ligue souhaite voir les responsables du football gabonais se pencher davantage sur les réalités des structures de l’intérieur du pays.

Un appel à la Ligue provinciale

Dans son intervention, Marcel Bipecka n’a pas seulement évoqué les difficultés locales. Il a également adressé un message à la hiérarchie du football. Il rappelle que la sous-ligue départementale dépend de la Ligue provinciale et que cette dernière constitue donc un interlocuteur essentiel pour l’accompagnement et le développement du football dans la Louetsi-Bibaka. Sans remettre en cause le rôle de ses supérieurs, il souhaite davantage d’écoute et de soutien. Son appel s’adresse également à toutes les personnes originaires de la localité qui disposent de moyens et qui seraient susceptibles de contribuer au développement du football. Pour le responsable, le développement du sport doit être l’affaire de tous : autorités administratives, responsables sportifs, élus, cadres, opérateurs économiques, associations et ressortissants de la localité. Mais au-delà du fonctionnement administratif de la sous-ligue, un autre problème demeure particulièrement préoccupant : Malinga manque d’un véritable stade de football. Cette situation, constatée par nos reporters constitue l’une des principales difficultés auxquelles sont confrontés les pratiquants du ballon rond dans la localité. Il fut un temps où Malinga disposait d’un terrain situé pratiquement au cœur de la ville. Cette infrastructure permettait aux jeunes de pratiquer le football et aux différentes équipes de disposer d’un espace de compétition.

Mais ce stade a disparu aujourd’hui. L’espace qui l’abritait autrefois se trouve désormais au niveau de l’actuelle place de l’Indépendance, tandis qu’une partie du site accueille notamment les services de la perception de Malinga. Depuis la disparition de cette infrastructure, la ville n’a pas bénéficié d’un équipement sportif moderne capable de répondre durablement aux besoins des populations.
Pour une ville qui compte une jeunesse passionnée de football, cette situation apparaît paradoxale. Le football demeure l’une des principales activités sportives pratiquées dans les quartiers. Les jeunes continuent de s’entraîner, les équipes se constituent et les compétitions communautaires sont organisées dès que les conditions le permettent. Mais l’absence d’une infrastructure appropriée limite considérablement les possibilités.
Organiser un championnat régulier devient compliqué. Accueillir des compétitions départementales ou provinciales dans de bonnes conditions l’est davantage encore.
À cela s’ajoutent les problèmes liés à l’entretien des espaces disponibles, à la qualité des terrains et à l’absence d’équipements complémentaires nécessaires à une pratique sportive structurée. Le cas de Malinga pose donc la question plus générale de l’accès des populations de l’intérieur du pays aux infrastructures sportives.

« Malinga Solidarité » comme révélateur

La première édition du tournoi « Malinga Solidarité » aura eu le mérite de démontrer qu’il existe un potentiel local important.
Malgré les difficultés, les jeunes ont répondu présents. Les équipes ont accepté de participer sur un terrain cabossé du lycée public de Malinga et les populations se sont mobilisées autour de la compétition. Ce succès populaire démontre que le football reste profondément ancré dans les habitudes de la jeunesse de la Louetsi-Bibaka. Mais il révèle également un besoin. Lorsque les jeunes disposent d’une occasion de se retrouver autour du sport, ils répondent favorablement. Encore faut-il leur offrir des installations adaptées et un cadre permanent. Pour plusieurs observateurs locaux, la construction d’un stade à Malinga ne devrait donc plus être considérée comme un simple projet sportif. Elle devrait être envisagée comme un investissement en faveur de la jeunesse et du développement local. La question des infrastructures sportives dépasse largement celle du football. Un stade moderne pourrait accueillir plusieurs disciplines et servir de cadre à différentes manifestations sportives et communautaires. Il pourrait également contribuer à l’encadrement de la jeunesse et à la détection de nouveaux talents. Dans un département où de nombreux jeunes nourrissent l’ambition de faire carrière dans le football, disposer d’un équipement approprié constituerait un premier pas important. Des compétitions régulières pourraient être organisées. Les talents pourraient être identifiés plus facilement. Les équipes pourraient bénéficier de meilleures conditions d’entraînement et les rencontres officielles pourraient être accueillies dans un cadre convenable. À travers son intervention, Marcel Bipecka souhaite donc attirer l’attention sur une double urgence. La première concerne le fonctionnement de la sous-ligue de football de la Louetsi-Bibaka, qui a besoin d’un accompagnement accru pour pouvoir remplir correctement ses missions.

La seconde concerne la construction d’une infrastructure sportive digne de ce nom à Malinga. Sur ce dernier point, les attentes sont particulièrement fortes. Les autorités compétentes sont ainsi invitées à examiner la situation et à envisager, dans les prochains mois, la réalisation d’un projet susceptible de répondre aux besoins des populations. L’objectif ne serait pas seulement de construire un terrain, mais de doter Malinga d’un véritable complexe sportif capable d’accompagner la dynamique locale. Le tournoi « Malinga Solidarité » a démontré que les initiatives locales peuvent contribuer à redonner vie au football. Mais pour Marcel Bipecka, la solidarité doit désormais franchir une nouvelle étape. Elle doit se traduire par des actions concrètes et durables en faveur des structures sportives. Le soutien apporté par le vénérable Philippe Nzengue Mayila à cette première édition constitue déjà, selon les acteurs locaux, un signal encourageant.
L’enjeu est désormais de faire en sorte que cette dynamique puisse être prolongée et amplifiée. Car, derrière les matchs, les trophées et les célébrations, se trouve une réalité, celle des jeunes qui veulent jouer, des équipes qui veulent participer aux compétitions et une sous-ligue qui souhaite fonctionner normalement. Pour que ces ambitions deviennent réalité, il faudra toutefois des moyens et des infrastructures.

Malinga attend désormais des réponses

En définitive, la première édition de « Malinga Solidarité » aura été bien plus qu’un simple tournoi de football. Elle aura constitué une véritable tribune pour rappeler les défis auxquels fait face le football dans la Louetsi-Bibaka. À travers la voix de Marcel Bipecka, la sous-ligue demande davantage d’attention, d’accompagnement et de moyens. À travers l’absence d’un stade, c’est toute une jeunesse qui attend de meilleures conditions pour pratiquer le sport. Le message est donc lancé aux responsables de la Ligue provinciale, aux autorités administratives et politiques, ainsi qu’à tous les fils et filles de Malinga.

Le développement du football local ne pourra se faire sans infrastructures adaptées. La balle est désormais dans le camp des décideurs. Après avoir retrouvé, à travers « Malinga Solidarité », le goût de la compétition et de la fraternité, Malinga espère désormais pouvoir retrouver un jour un stade à la hauteur de sa jeunesse, de son histoire et de ses ambitions sportives.

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